Quelque part entre
Divine Comedy et David Bowie, Paco Volume livre un premier album de pop érudite
et voltigeuse : « Manhattan Baby ». Entretien avec un musicien
en devenir.
Tu es un grand fan de magazines de matos. Qu’est-ce qui t’attire dans celui-ci ?
Paco Volume : Pour moi, ces magazines sont l’équivalent du magazine
ELLE pour les femmes (rires). Cela vient de ma relation avec le matériel, il y
a comme une sorte de fétichisme, je suis un vrai nerd. Mon chat, par exemple,
s’appelle Protools (rires). Je pourrais parler de Sidechain dans Logic 8
pendant 20 minutes mais on ne va pas avoir le temps (rires).
Peux-tu nous éclairer
sur ton parcours en tant qu’auteur-compositeur ?
En tant que compositeur, j’ai une maturation assez lente. Ca
ne fait pas très longtemps que je suis content de ce que je fais alors que je
compose des morceaux depuis l’âge de 9-10 ans. A la fin des années 80, dans les
Hautes-Pyrénées, j’ai grandi dans une maison avec des instruments un peu
partout. Je suis le seul dans ma famille qui n’ait pas été poussé à faire de la
musique par mes parents. C’est plutôt une situation confortable parce que j’ai
appris la musique en pur autodidacte, sans que l’on me force. Pour moi, c’était
un peu comme jouer à la console et, aujourd’hui, je n’ai pas perdu ce goût du jeu,
de la volonté de créer.
Plus jeune, quels
sont les artistes qui t’ont marqué ?
Comme ma sœur avait 10 ans de plus que moi, j’écoutais ses
disques à travers le mur de ma chambre. Aujourd’hui, quand je réécoute les
disques de Kate Bush, Prefab Sprout, David Bowie ou Prince, je me rends compte
que le son n’était pas aussi sourd que ça (rires). J’ai donc été élevé à une
écriture pop assez élaborée.
Pourquoi avoir choisi
l’anglais pour t’exprimer ?
Ca vient de ma mère qui est professeur et qui me parlait anglais
quand j’étais petit. Puis, j’ai rencontré une fille néo-zélandaise et je me
suis mis dans la tête que j’allais devenir une rock star dans ce pays (rires).
J’ai formé un duo de hard rock qui s’appelait Napalm Pilot. J’y suis resté un
an et demi mais j’étais le seul convaincu de mon talent ! Après cette
expérience pas très concluante, de retour en France, je me suis dirigé vers des
études de sommelier. Je trouvais alors le fait de faire de la musique un peu
ringard. Puis, en travaillant chez un caviste à Bordeaux, j’ai commencé à
m’intéresser de nouveau à la musique en rencontrant certains membres de groupes
locaux comme The Film, Calc. C’est à partir de ce moment-là que je me suis
remis à la composition sans m’imposer des contraintes débiles, en étant plus
réaliste.
Comment sont nés le
projet Paco Volume et le premier disque ?
En fait, Paco Volume est né avec myspace il y a 3 ans. Puis,
le label Discograph m’a très vite contacté et on m’a demandé d’autres morceaux.
J’ai été signé en édition chez eux et les Inrocks ont sélectionné un de mes
morceaux sur la compilation des nouveaux artistes non signés CQFD. Ensuite, ça
m’a pris 3 ans pour enregistrer l’album « Manhattan Baby ». Ce disque
a été réalisé avec le producteur François Chevalier aux studios Pigalle à
Paris. On y a enregistré les batteries, les basses, des parties de piano, car
le studio est équipé d’un vrai Steinway… François m’a vraiment poussé pour que
je retravaille tous mes morceaux spécialement pour cet album. Quand on compose
tout seul, il y a très vite de l’auto complaisance et un manque de recul. Toute
la pré-production a été réalisée dans mon home studio puis, après, j’ai eu la
chance de pouvoir aller dans ce studio pour tout mettre au propre… Parfois, on
a gardé certaines prises ou on en a réenregistré d’autres.
Quels sont les
instruments que tu utilises principalement ?
L’idéal est d’avoir une configuration home studio qui te
permet d’enregistrer rapidement une idée. Tous les synthés que j’utilise sont
des plug-ins. Cela me permet d’aller plus rapidement pour élaborer un morceau.
C’est vrai que rien ne remplace les vieux synthés analogiques comme le Moog
mais, le temps de le brancher, de voir s’il sonne juste, de retrouver le son
qu’il avait la veille, etc… Pour
moi, ce n’est pas du temps à faire de la musique.
De quelle façon
composes-tu ?
Ma musique part toujours d’une mélodie de voix ensuite les
instruments ne font qu’accompagner celle-ci. C’est ma méthode et je ne sais pas
faire autrement.
Aujourd’hui, je vais tourner avec un bassiste, un batteur,
un clavier et moi-même à la guitare-voix. Comme il y a des arrangements assez
touffus sur cet album, nous allons
faire des adaptations des chansons de « Manhattan Baby » pour la scène.
C’est très excitant et c’est un tout nouveau challenge pour Paco Volume !
Propos recueillis par Laurent Gilot
Photo : DR
Paco Volume, « Manhattan Baby » (Discograph)
Sortie le 28 juin 2010






