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4.04.2026

Ladytron, Paradises, retour de flamme

« On ne voulait pas entrer dans leur jeu » : comment Ladytron est devenu un survivant improbable de l'electro-pop. Pionnier de l'electroclash devenu adepte des dancefloors, puis remis en lumière par un succès viral sur TikTok grâce au tube « Seventeen » (extrait de l'album culte de 2001 "604"), le désormais trio de Liverpool est de retour avec un nouvel album et une nouvelle métamorphose.

Nous sommes en octobre 2001, à New York. Mira Aroyo et son acolyte Reuben Wu sont invités à mixer pour une nouvelle soirée. Le Luxx, un club brut de 200 places situé sur Grand Street à Brooklyn, est spécialisé dans les sonorités électro-queer oubliées des années 80. Le nom de la soirée ? Electroclash.

« C’était nous, Peaches, des gens de Berlin », se souvient Aroyo. Larry Tee, le DJ d'Atlanta et collaborateur de RuPaul, les avait programmés pour leur amour des pépites méconnues de Gina X ou Bobby O. « C’était hédoniste, non-binaire, flamboyant. »

De retour à Liverpool, cette énergie nourrit ce qui deviendra le manifeste electroclash de Ladytron : le single Seventeen, sorti en 2002. Sur une ligne de basse synthétique lancinante, la voix feutrée et monocorde d'Helen Marnie lance un avertissement sinistre sur le caractère jetable des adolescentes : « Ils ne veulent de toi que quand tu as 17 ans / à 21 ans, tu n'es plus amusante. »

En 2026, Ladytron est de retour. Pour l'enregistrement de leur huitième album, Paradises, le groupe — que Brian Eno a un jour qualifié de « meilleur de la pop anglaise » — a choisi de pivoter vers le dancefloor. « Le principe directeur, explique le multi-instrumentiste Daniel Hunt, c'était le plaisir. » Le single Kingdom Undersea est un pur bonheur aux influences baléares, tandis que A Death in London est une version luxe et contemporaine du son noir caractéristique du groupe.

Après un album mélancolique composé durant le confinement, Hunt a cherché à capturer un sentiment ressenti lorsqu'il était adolescent dans le Wirral en 1989, quand les singles de Neneh Cherry ou Soul II Soul balayaient d'un coup le rock indie de son esprit. « Je voulais retrouver ce choc de la modernité. »

Les années 90 furent l'âge d'or de la « Scouse house », ces sons de club énergiques portés par des voix puissantes qui résonnaient au Cream, le club emblématique de Liverpool. Hunt, qui mixait dans des soirées plus alternatives et étranges, préférait Stereolab. Mais son voisin de studio n'était autre que Dan Evans, du groupe house 2 Funky 2. Le producteur lui a appris à programmer un vrai beat. « Ce fut une épiphanie », se souvient Hunt. « On n'avait pas besoin d'être dans un groupe à répéter quatre soirs par semaine jusqu'à ne plus pouvoir se voir. »

Aroyo, née en Bulgarie et arrivée en Angleterre à 14 ans, a rencontré Hunt alors qu'elle était DJ. Elle a abandonné ses études de génétique à Oxford pour fonder Ladytron avec lui, rejoints en 1999 par Marnie et Wu. Hunt se souvient avoir vu Aroyo improviser en bulgare sur des sons électroniques percutants et s'être dit : « On tient quelque chose de différent. »

Cela impliquait de faire les choses différemment. Pourquoi s'épuiser dans le circuit des petites salles britanniques quand on peut jouer dans une rave à Berlin ou Paris ? « Liverpool est une ville très tournée vers l'extérieur », dit Aroyo pour expliquer leur internationalisme. Il y avait aussi, concède Hunt, « une part de fierté provinciale. On ne voulait pas entrer dans leur jeu. » Ils n'ont joué à Londres qu'une fois leur premier album, 604, déjà en rayon.

Alors que l'electroclash explosait, le groupe s'en est distancié. Peut-être trop. Aujourd'hui, Hunt est fier de ce mouvement qu'il qualifie de « portail » vers un futur glamour et androgyne pour les enfants des banlieues. Mais à l'époque, ils craignaient les étiquettes. « Les gens disaient : "Mon Dieu, votre façon de dire que vous n'êtes pas electroclash est tellement electroclash", s'amuse-t-il. « C'était comme l'effet Streisand. »

Tout cela a mené à leur remarquable album de 2005, Witching Hour, où ils ont délaissé séquenceurs et boîtes à rythmes pour devenir un groupe psychédélique envoûtant. « C'est seulement parce que ce disque était excellent que nous avons survécu », affirme Hunt — la sortie ayant été gâchée par la faillite de leur label. « Il a été bien accueilli par des gens qui, jusque-là, ne nous prenaient pas au sérieux. »

Certains de ces admirateurs se trouvaient dans des endroits inattendus. Personne ne savait que Christina Aguilera était fan de Ladytron jusqu'à ce que son management contacte le groupe pour une collaboration en 2008. « Elle est vraiment fan », précise Hunt, loin de l'image d'une star à qui l'on aurait « donné une liste de noms cool ». Dans un univers parallèle, leur collaboration — le sombre titre darkwave Birds of Prey — aurait pu tout changer pour Ladytron. Mais, accaparée par son film Burlesque, Christina Aguilera a relégué le morceau sur le disque bonus de son album Bionic en 2010.

Le groupe s'est mis en pause l'année suivante pour vivre des « expériences normales », selon les mots d'Aroyo. Elle a repris ses études et fondé une famille. Marnie a entamé une carrière solo. Hunt s'est installé à São Paulo, s'impliquant dans l'activisme de gauche. Lorsque Ladytron est revenu en 2019 avec un album éponyme (sans Wu, parti en bons termes), Hunt interviewait Lula, travaillait avec le Parti travailliste de Corbyn et s'exprimait à la Chambre des Communes sur la répression des droits de l'homme sous Bolsonaro.

Ce contexte a rendu la suite de la vie de la formation encore plus surprenante. En 2021, Seventeen a explosé sur TikTok. Les utilisateurs ont repris le refrain pour des danses ou des playbacks, mais aussi pour des témoignages personnels — souvent poignants — en écho aux paroles. Ce « regain d'intérêt est un miracle », confie Marnie. « Les jeunes s'en emparent et se l'approprient. » La chanson est passée de 3 000 écoutes quotidiennes à 160 000, entrant à la 11ème place du Top 50 Viral de Spotify aux États-Unis. Leurs royalties de streaming ont triplé.

Pourtant, ils ont refusé les demandes de leur label de capitaliser sur ce buzz. Hunt se montre cinglant envers l'autopromotion des « micro-célébrités » qui pousse les artistes à se mettre en scène en ligne. « Chaque minute qu'un artiste passe sur le marketing ou les réseaux sociaux est une minute de moins passée à écrire et enregistrer. » La tendance est passée, et Aroyo se réjouit de voir « des jeunes de 17 ou 18 ans avec des maquillages fluo délirants » côtoyer la vieille garde lors de leurs concerts.

Autrefois, c'était Ladytron qui redécouvrait le passé. Aujourd'hui, ce sont les adolescents qui piochent dans l'histoire pop du groupe pour se l'approprier. Avec des membres dispersés aux quatre coins du globe, Ladytron fait figure de survivant international d'une pop underground. « Nous sommes devenus, conclut Hunt avec fierté, les personnes que nous avons toujours prétendu être. »

Par Fergal Kinney (The Guardian)

Photo DR

L'album Paradises est disponible chez Nettwerk.

3.06.2026

Völksmusik, New World Domination, new single

Nouvelle réalisation, nouveau single pour Markus Schenker alias VÖLKSMUSIK.
A écouter ici et maintenant !
dasistvolksmusik.bandcamp.com/album/new-world-domination-2
www.instagram.com/volksmusik_markus/

Elvira Santa

7.29.2014

DENA, Flash (!K7/LA Baleine)

En Bulgarie, on ne fait pas que bouffer des yaourts, on se tient également au courant des styles musicaux qui irriguent la planète « clubbing ». C’est le cas de la brune productrice DENA qui est capable de poser comme un mannequin tout en délivrant une musique qui colle bien à l’air du temps. Mêlant pop, hip hop 90’s, electro, son approche musicale nous fait immédiatement penser à ce qu’à pu faire M.I.A. ou Santigold à ses débuts. D’ailleurs, DENA est également passée par la case Berlin avant de proposer un premier disque qui regroupe les titres qui l’on fait remarquée, de « Cash, Diamons Rings, Swimming Pools » à « Thin Rope », et dont les clips ont été tournés, sans complexe, dans la rue ou sur des marchés. Avec son physique à la Sofia Coppola et une recherche permanente de « street credibilty », DENA est relativement fraîche. Elle apporte une petite touche des blakans sur des intrumentaux taillés sur mesure pour le public occidental. Après un maxi sur Kitsuné, c’est le label !K7 qui permet à Denitza Todorova de s’exprimer sur la longueur d’un album. On retrouve également une collaboration avec Erlend Øye sur le pétillant « Flashed ». Un disque parfait pour commencer l’année du bon pied. 

Markus S


7.28.2014

Mad Max : Fury Road, la bande-annonce

"Mad Max : Fury Road" reprend un peu les choses là où "Mad Max 2 : le défi" les avaient laissées en 1981. Tom Hardy ("Inception", "The Dark Knight Rises"...) endosse le rôle jadis tenu par Mel Gibson dans la trilogie des Mad Max. Derrière la caméra, on retrouve le père de la série, George Miller, qui revient à ses premières amours (le film d'action), bien loin des "Happy Feet" et "Babe 2" ! On pourra  également voir la nouvelle coupe de cheveux de Charlize Theron qui s'est rasée de près pour l'occasion. C'est au Comic-Con, à San Diego, que la bande-annonce du quatrième volet des aventures post-apocalyptiques de Max a été dévoilée. Le film sera sur les grands écrans en mai 2015. Patience...

ES

Mad Max : Fury Road, official trailer

6.26.2014

Feadz, Instant Alpha (Ed Banger/Because)

Enfant du hip hop, tendance electro, Feadz a fait ses premières armes aux cours des années 90 en tant que DJ puis producteur. C’est le label berlinois d’Ellen Allien, BPitch Control, qui a était le premier sensible à ses morceaux hybrides publiés sur quatre Eps, entre 2001 et 2006. Puis, la parisien s’est acoquiné avec certains de ses homologues de la capitale, comme le regretté DJ Medhi, Mr Oizo ou d’autres pensionnaires du label Ed Banger. Mais, c’est sa rencontre avec la belle Uffie qui va lui permettre de toucher un public plus large avec une poignée de hits bien ficelés qui vont retourner les dancefloors (« Pop The Glock », « Hot Chick »…). En 15 années d’activité, on va dire que Fabien Pianta (alias Feadz) a pris son temps pour se lancer sur un grand format en solo, enfin, presque, puisque l’on retrouve des collaborations avec Tekilatex, Dj Kodh ou la blonde Kito. Ca commence par une sorte d’hommage à LFO et au rap des années 90 (« Welcome To Paris ») avant que l’on rejoigne les terres de la musique 8-bit-dubstep sur « Electric Empire » et la voix auto-tunée de Kito, morceau qui ne dépareille pas par rapport à ses travaux réalisés en compagnie d’Uffie. De l’aérien « Metaman » au hip hop trituré et quasi-jazz-funk de « The Purpose », Feadz excelle dans l’art du « cut and paste » et livre un bon patchwork de ses infleunces.

SGL

Feadz, Instant Alpha  (Ed Banger/Because)
Sortie le 20 janvier 2014

Feadz, Welcome To Paris, video audio

5.06.2014

The Hacker, Love/Kraft (Zone Music-La Baleine)

On se souvient encore du temps où leproducteur grenoblois agitait les scènes du monde entier avec Miss Kittin etson electro un brin roide mais drôlement sensuelle. Après plus de 20 ans d'activité, The Hacker revient (pour la troisième fois) sans sa miss avec un disque en deux parties, dont une moitié nous est aujourd'hui livrée. A la première écoute, on se dit que Michel Amato fait un peu son Tiga (en moins minimaliste) sur ce brillant "A Thousand Time" où la voix de l’américain Perspects se fait entendre. Puis "Clear" revisite le début des années 90 avec son piano qui rappelle certaines productions américaines dance music de l'époque. Ensuite, d'anciennes communication entre Détroit et Berlin (à moins que ce ne soit Düsseldorf) se réactivent au grès d'un "Drifting'" épique et electro en diable. Et voici que "Parallel Universe" nous replonge dans cette époque où quelques Djs visionnaires rêvaient de transformer le dancefloor en vaisseau spatial capable d'aller visiter les confins de la galaxie. Laurent Garnier doit être ravi. Enfin, "Pure Energy" offre une tribune aux sonorités techno hardcore pré-gabber, celles qui existaient avant que la vitesse des Bpm ne devienne incontrôlable. Vite la suite !


Laurent Gilot

The Hacker, Love/Kraft (Zone Music-La Baleine)
Sortie le 21 avril 2014

The Hacker featuring Perspects, A Thousand Times, official video



3.28.2014

Tensnake, Glow (Mercury/Universal)

L’allemand Marco Niemerski est né en 1975 mais ce n’est qu’en 2010 qu’il a réalisé son titre le plus connu à ce jour « Coma Cat ». Avec ses informations, on comprendra que Tensnake a traversé les époques musicales pour en restituer, aujourd’hui, les saveurs à travers son premier effort. Si vous cherchez (déjà) l'album de l'été 2014, il y a de grandes chances pour que « Glow » prenne de cours tous les prétendants au titre. On aura quand même attendu presque 10 ans pour voir le producteur s'exprimer sur un long format, mais cela en valait la peine ! A moins d’avoir des bouchons de cérumen ou de sortir d'une longue période d'hibernation, il s’avère assez difficile de résister aux grooves contagieux de « Love Sublime » (comme si Prince était aux commandes de ce morceau réalisé en compagnie du guitariste Nile Rodgers et de la chanteuse Fiora). Parfois, on entend comme de lointains échos des Daft Punk qui rencontreraient Moby dans un bar lounge (« Pressure »). A de nombreuses, on sent que Tensnake a été bercé par la dance music des 90's (« Selfish », « See Right Through »), le R&B des 00 (le mielleux « Things Left To Say », le ténébreux « Good Enough To Keep ») et, surtout, par la deep house (« Listen Everybody »). Léger et profond à la fois.


Laurent Gilot

5.20.2013

Visage, Hearts And Knives (Blitz Records)

Aujourd'hui, à part les nostalgiques, peu de monde attend quoi que ce soit de la formation de Steve Strange. Visage a eu son heure de gloire aux débuts des années 80 avant que "Fade To Grey" ne devienne le passage obligé de tout bal ou mariage qui se respectent. Partiellement réhabilité par les vagues techno-house des 90’s et electroclash des 2000's, Visage a connu des hauts et des bas alors que son leader s’est battu contre certaines addictions. Des chansons à hauteur d'homme, voilà la sensation immédiate qui nous vient à l'esprit quand on écoute cette livraison, la première depuis « Beat Boy » en 1983 ! Il faut dire qu'au cours de ces 10 dernières années, Steve et son groupe à géométrie variable (MKII) n’ont pas arrêter de travailler sur de nouvelles compositions pour montrer que la "bête" était encore en vie, et pas seulement à cause d'un hit universel. Situé dans une veine proche de ce que Visage a pu produire sur ses trois premiers albums mythiques, "Hearts And Knives" combine le songwriting des 80's (des chansons aux refrains immédiatement identifiables) avec des sons remis au goût du jour. "Never Enough" chante Strange sur le titre éponyme d'ouverture. On n'a pas de mal à le croire tant sa soif de nouvelles aventures soniques est ici audible.

Sibylle GL

Visage, Hearts And Knives (Blitz Records)
Sortie le 20 mai 2013

Visage, Dreamer I Know, official video

5.06.2013

Miss Kittin, Calling From The Stars (Wagram)

Quand on regarde la pochette de « Calling From The Stars », on est tenté de comparer la diva electro à Björk alors que la vidéo de l’impeccable single « Bassline » laisserait penser à une variation moderne de Valérie Dore (une de ses idoles). En tout cas, cette mise en images illustre parfaitement la volonté de Kittin de faire le show tout en restant dans l’ombre. Non, elle ne deviendra pas une méga-icône sexy et putassière des années 2000 avec son electro pop mâtinée d’italo-disco et gavée de basslines monstrueuses. Au moins, cela lui permettra de garder son intégrité tout en partant à la conquête des pistes de danse du monde entier. Ici, la chanteuse-productrice n’a pas froid aux yeux puisqu’elle nous propose un double album en guise de retour inespéré. Il faut dire que l’on garde encore un souvenir intact de ses mélopées lancinantes qui ont fait des merveilles aux côtés de The Hacker, Golden Boy ou Felix Da Housecat à l’orée des années 2000.  Avec « Calling From The Stars », le « Nightcall » de Kavinsky n’a qu’à bien se tenir. Parfois, Kittin nous rappelle qu’elle vient de l’underground techno (« Life Is My Teacher »). La miss compile ainsi 30 années de musique electro sous toutes ses formes jusqu’à la captivante reprise du « Everybody Hurts » de R.E.M.. Le deuxième CD, quant à lui, est plus atmosphérique et cosmique avec ses mélodies qui ne touchent pas terre, comme son interprète.

Marcus

Miss Kittin, Calling From The Stars (Wagram)
Sortie le 22 avril 2013


Miss Kittin, Bassline, official video