Interview : Naïve New Beaters

La Onda, vague electropicale

Interview : Breakbot

By Your Side, une petite faiblesse qui vous perdra...

Album du mois : Sinner DC, Future That Never Happened

Parfaite petite ôde rétro-futuriste sur le label Mental Groove...

Focus : Two Door Cinema Club

Beacon, une livraison quatre étoiles...

Fluo Girls

The girls who shine in the night...

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7.29.2014

DENA, Flash (!K7/LA Baleine)

En Bulgarie, on ne fait pas que bouffer des yaourts, on se tient également au courant des styles musicaux qui irriguent la planète « clubbing ». C’est le cas de la brune productrice DENA qui est capable de poser comme un mannequin tout en délivrant une musique qui colle bien à l’air du temps. Mêlant pop, hip hop 90’s, electro, son approche musicale nous fait immédiatement penser à ce qu’à pu faire M.I.A. ou Santigold à ses débuts. D’ailleurs, DENA est également passée par la case Berlin avant de proposer un premier disque qui regroupe les titres qui l’on fait remarquée, de « Cash, Diamons Rings, Swimming Pools » à « Thin Rope », et dont les clips ont été tournés, sans complexe, dans la rue ou sur des marchés. Avec son physique à la Sofia Coppola et une recherche permanente de « street credibilty », DENA est relativement fraîche. Elle apporte une petite touche des blakans sur des intrumentaux taillés sur mesure pour le public occidental. Après un maxi sur Kitsuné, c’est le label !K7 qui permet à Denitza Todorova de s’exprimer sur la longueur d’un album. On retrouve également une collaboration avec Erlend Øye sur le pétillant « Flashed ». Un disque parfait pour commencer l’année du bon pied. 

Markus S


6.26.2014

Feadz, Instant Alpha (Ed Banger/Because)

Enfant du hip hop, tendance electro, Feadz a fait ses premières armes aux cours des années 90 en tant que DJ puis producteur. C’est le label berlinois d’Ellen Allien, BPitch Control, qui a était le premier sensible à ses morceaux hybrides publiés sur quatre Eps, entre 2001 et 2006. Puis, la parisien s’est acoquiné avec certains de ses homologues de la capitale, comme le regretté DJ Medhi, Mr Oizo ou d’autres pensionnaires du label Ed Banger. Mais, c’est sa rencontre avec la belle Uffie qui va lui permettre de toucher un public plus large avec une poignée de hits bien ficelés qui vont retourner les dancefloors (« Pop The Glock », « Hot Chick »…). En 15 années d’activité, on va dire que Fabien Pianta (alias Feadz) a pris son temps pour se lancer sur un grand format en solo, enfin, presque, puisque l’on retrouve des collaborations avec Tekilatex, Dj Kodh ou la blonde Kito. Ca commence par une sorte d’hommage à LFO et au rap des années 90 (« Welcome To Paris ») avant que l’on rejoigne les terres de la musique 8-bit-dubstep sur « Electric Empire » et la voix auto-tunée de Kito, morceau qui ne dépareille pas par rapport à ses travaux réalisés en compagnie d’Uffie. De l’aérien « Metaman » au hip hop trituré et quasi-jazz-funk de « The Purpose », Feadz excelle dans l’art du « cut and paste » et livre un bon patchwork de ses infleunces.

SGL

Feadz, Instant Alpha  (Ed Banger/Because)
Sortie le 20 janvier 2014

Feadz, Welcome To Paris, video audio

5.06.2014

The Hacker, Love/Kraft (Zone Music-La Baleine)

On se souvient encore du temps où leproducteur grenoblois agitait les scènes du monde entier avec Miss Kittin etson electro un brin roide mais drôlement sensuelle. Après plus de 20 ans d'activité, The Hacker revient (pour la troisième fois) sans sa miss avec un disque en deux parties, dont une moitié nous est aujourd'hui livrée. A la première écoute, on se dit que Michel Amato fait un peu son Tiga (en moins minimaliste) sur ce brillant "A Thousand Time" où la voix de l’américain Perspects se fait entendre. Puis "Clear" revisite le début des années 90 avec son piano qui rappelle certaines productions américaines dance music de l'époque. Ensuite, d'anciennes communication entre Détroit et Berlin (à moins que ce ne soit Düsseldorf) se réactivent au grès d'un "Drifting'" épique et electro en diable. Et voici que "Parallel Universe" nous replonge dans cette époque où quelques Djs visionnaires rêvaient de transformer le dancefloor en vaisseau spatial capable d'aller visiter les confins de la galaxie. Laurent Garnier doit être ravi. Enfin, "Pure Energy" offre une tribune aux sonorités techno hardcore pré-gabber, celles qui existaient avant que la vitesse des Bpm ne devienne incontrôlable. Vite la suite !


Laurent Gilot

The Hacker, Love/Kraft (Zone Music-La Baleine)
Sortie le 21 avril 2014

The Hacker featuring Perspects, A Thousand Times, official video



3.28.2014

Tensnake, Glow (Mercury/Universal)

L’allemand Marco Niemerski est né en 1975 mais ce n’est qu’en 2010 qu’il a réalisé son titre le plus connu à ce jour « Coma Cat ». Avec ses informations, on comprendra que Tensnake a traversé les époques musicales pour en restituer, aujourd’hui, les saveurs à travers son premier effort. Si vous cherchez (déjà) l'album de l'été 2014, il y a de grandes chances pour que « Glow » prenne de cours tous les prétendants au titre. On aura quand même attendu presque 10 ans pour voir le producteur s'exprimer sur un long format, mais cela en valait la peine ! A moins d’avoir des bouchons de cérumen ou de sortir d'une longue période d'hibernation, il s’avère assez difficile de résister aux grooves contagieux de « Love Sublime » (comme si Prince était aux commandes de ce morceau réalisé en compagnie du guitariste Nile Rodgers et de la chanteuse Fiora). Parfois, on entend comme de lointains échos des Daft Punk qui rencontreraient Moby dans un bar lounge (« Pressure »). A de nombreuses, on sent que Tensnake a été bercé par la dance music des 90's (« Selfish », « See Right Through »), le R&B des 00 (le mielleux « Things Left To Say », le ténébreux « Good Enough To Keep ») et, surtout, par la deep house (« Listen Everybody »). Léger et profond à la fois.


Laurent Gilot

5.20.2013

Visage, Hearts And Knives (Blitz Records)

Aujourd'hui, à part les nostalgiques, peu de monde attend quoi que ce soit de la formation de Steve Strange. Visage a eu son heure de gloire aux débuts des années 80 avant que "Fade To Grey" ne devienne le passage obligé de tout bal ou mariage qui se respectent. Partiellement réhabilité par les vagues techno-house des 90’s et electroclash des 2000's, Visage a connu des hauts et des bas alors que son leader s’est battu contre certaines addictions. Des chansons à hauteur d'homme, voilà la sensation immédiate qui nous vient à l'esprit quand on écoute cette livraison, la première depuis « Beat Boy » en 1983 ! Il faut dire qu'au cours de ces 10 dernières années, Steve et son groupe à géométrie variable (MKII) n’ont pas arrêter de travailler sur de nouvelles compositions pour montrer que la "bête" était encore en vie, et pas seulement à cause d'un hit universel. Situé dans une veine proche de ce que Visage a pu produire sur ses trois premiers albums mythiques, "Hearts And Knives" combine le songwriting des 80's (des chansons aux refrains immédiatement identifiables) avec des sons remis au goût du jour. "Never Enough" chante Strange sur le titre éponyme d'ouverture. On n'a pas de mal à le croire tant sa soif de nouvelles aventures soniques est ici audible.

Sibylle GL

Visage, Hearts And Knives (Blitz Records)
Sortie le 20 mai 2013

Visage, Dreamer I Know, official video

5.06.2013

Miss Kittin, Calling From The Stars (Wagram)

Quand on regarde la pochette de « Calling From The Stars », on est tenté de comparer la diva electro à Björk alors que la vidéo de l’impeccable single « Bassline » laisserait penser à une variation moderne de Valérie Dore (une de ses idoles). En tout cas, cette mise en images illustre parfaitement la volonté de Kittin de faire le show tout en restant dans l’ombre. Non, elle ne deviendra pas une méga-icône sexy et putassière des années 2000 avec son electro pop mâtinée d’italo-disco et gavée de basslines monstrueuses. Au moins, cela lui permettra de garder son intégrité tout en partant à la conquête des pistes de danse du monde entier. Ici, la chanteuse-productrice n’a pas froid aux yeux puisqu’elle nous propose un double album en guise de retour inespéré. Il faut dire que l’on garde encore un souvenir intact de ses mélopées lancinantes qui ont fait des merveilles aux côtés de The Hacker, Golden Boy ou Felix Da Housecat à l’orée des années 2000.  Avec « Calling From The Stars », le « Nightcall » de Kavinsky n’a qu’à bien se tenir. Parfois, Kittin nous rappelle qu’elle vient de l’underground techno (« Life Is My Teacher »). La miss compile ainsi 30 années de musique electro sous toutes ses formes jusqu’à la captivante reprise du « Everybody Hurts » de R.E.M.. Le deuxième CD, quant à lui, est plus atmosphérique et cosmique avec ses mélodies qui ne touchent pas terre, comme son interprète.

Marcus

Miss Kittin, Calling From The Stars (Wagram)
Sortie le 22 avril 2013


Miss Kittin, Bassline, official video

4.02.2013

Tosca, Odeon (!K7)

Depuis le temps que l'on suit le parcours du projet de Richard Dorfmeister, Tosca, on ne peut qu'admirer sa capacité à garder le cap musical qu'il s'est fixé à partir de son premier album, "Opera", en 1997, en compagnie de son acolyte Rupert Huber. Il faut dire que l'autre duo qu'il a fondé avec Peter Kruder est devenu, en quelques morceaux et compilations, le fer de lance de la vague downtempo autrichienne des années 90. Puis, à l'aune des années 2000, le genre a failli passer prématurément aux oubliettes à cause d'une flopée de compilations de restaurants, toutes plus insipides les unes de les autres (du Buddha Bar à la Mezzanine de l'Alacazar), qui ont considérablement banalisé et embourgeoisé cette musique. Ca commençait donc à sérieusement sentir le sapin pour le courant downtempo. Mais, le capitaine Dorfmeister a tenu bon et il force aujourd'hui le respect en continuant à creuser son sillon avec patience et intransigeance. Tosca veut, avant tout, créer un son qui lui est propre sans chercher à s'adapter aux modes du moment. Puis, il faut dire que le duo a le chic pour s'attacher les services de vocalistes émérites (JJ Jones, Sarah Carlier...) et leur offrir l'écrin parfait qui leur permettra de s'exprimer en toute quiétude. On notera sur ce sixième effort une touche un petit peu plus noir et, en même temps, plus ambient, avec, en permanence, ce souci du détail sonore qui rend l'ensemble si attachant. Avec "Odeon", Tosca nous donne donc l'impression que le temps n'a pas de prise sur sa musique qui poursuit son chemin à travers les décennies, comme sur un nuage.

Sibylle GL

Tosca, Odeon (!K7-La Baleine)
Sortie le 4 février 2013
www.k7.com/Toscaodeon

Tosca, Featuring Sarah Carlier, What If, video audio



1.14.2013

Ra Ra Riot, Beta Love (Barsuk Records)

Si vous recherchez un rayon de soleil en pleine brume hivernale, il y a de grandes chances que vous soyez obligés de chausser des lunettes opaques pour vous protéger de la nature incandescente de ce "Beta Love". En effet, la formation new yorkaise s'est donnée pour mission de repeindre couleur arc-en-ciel le gris délavé de notre quotidien. Trois notes de synthé, une basse sautillante, des rythmes de batterie souples, quelques accords de guitare et des mélodies vocales bien ficelées suffisent à construire des petites merveilles de pop-songs estivales. Sur des structures plutôt ramassées, et qui vont à l'essentiel en moins de 4 minutes chrono, Ra Ra Riot remplit parfaitement son job avec son electro pop-rock à l'optimisme contagieux, le tout accompagné de textes pas forcément bêtement joyeux ("Binary Mind", "When I Dream"). Il paraît que le groupe tire son inspiration du romancier cyberpunk William Gibson et de l'informaticien-futurologue Raymond C. Kurzweil. Tout un programme ! En matière d'influences musicales, Ra Ra Riot furète du côté d'Electric Light Orchestra, Robert Palmer (voir le clin d'oeil au fameux "Johnny And Mary" sur le final de "I Shut Off") ou Vampire Weekend. Au final, "Beta Love" est un troisième disque hédoniste bienvenu en cette période de crise du climat.

Laurent Gilot

Ra Ra Riot, Beta Love (Barsuk Records/Differ-ant)
Sortie le 22 janvier 2013
www.rarariot.com

Ra Ra Riot, Beta Love, official video

12.11.2012

Paul Kalkbrenner, Guten Tag (Muzik)

Y-a-t-il eu concertation (ou émulation) familiale ? En effet, le disque de Paul sort deux mois après celui de son frère Fritz. Si ce n'est pas le cas, il faudra que les deux frangins pensent à mutualiser les coûts, du studio aux relations presse. En revanche, différence notoire par rapport à Fritz, Paulo, lui, ne donne pas de la voix. Silence complet. Mais, côté beats, ça envoie du lourd, souvent tout en finesse et retenu. Échos dub, accords synthétiques sautillants, basse ronde ou grondante, Paul utilise tous les arguments à sa disposition pour faire valoir les siens, d'arguments. Après tout, dans les années 2000, il n'a pas atterri par hasard au sein du label BPitch d'Ellen Allien. Avec son huitième album, le deuxième sous sa propre structure, Kalkbrenner affiche sa spécificité régionale en dévoilant un tracklisting tout en Allemand. Dans ce "Guten Tag", il y a des ambiances un peu sombres ("Spitz Auge"), d'autres plus lumineuses, voire insouciantes ("Das Gezabel") pour un disque qui est un très bon cru, même s'il ne fait guère bouger les frontières d'un genre qui a très peu évolué en 22 ans.

Marcus S

Paul Kalkbrenner, Guten Tag (Muzik)
Sortie le 30 novembre 2012

Paul Kalkbrenner, Das Gezabel, official video

11.18.2012

RNDM, Acts (Monkeywrench)

Fondé par un ex-Pearl Jam, le bassiste Jeff Ament, RNDM réunit  autour de ce dernier le chanteur Joseph Arthur et le batteur Richard Stuverud pour former un trio qui livre aujourd'hui sa première carte de visite. Dès le début de "Modern Times", on se retrouve plongé dans l'ambiance des productions rock-grunge du début des années 90. La basse tricote habilement, le chant est délié et les guitares doucement saturées. RNDM joue sur les contrastes et les ambiances d'une façon très modérée, pas du tout adeptes des montagnes russes les trois américains. Sur "The Disappearing Ones", la formation fait monter la sauce et délivre un refrain bien monté en épingle avant de regagner les forêts du Montana pour un "What You Can't Control"  langoureux, dans la plus pure tradition rock-folk américaine. "Hollow Girl" fait un peu penser à la cover de "I Will Survive" de Cake avec son chant un poil débraillé, son refrain très entraînant et son final en blues préhistorique. Une vraie réussite. "Look Out !" et "Throw You To The Pack" sont les titres les plus "énervés" de ce disque, même si n'atteignons pas ici l'intensité d'un Queen Of The Stone Age, par exemple. Avec la ballade "New Tracks", on se rend bien compte, une fois de plus, que l'objectif de RNDM n'est pas de faire parler la poudre mais d'installer des atmosphères, de dévoiler un songwriting qui pioche, avec aisance, dans cinquante années de musique américaine.

Laurent G

RNDM, Acts (Monkeywrench-One Little Indian Records)
Sortie le 30 octobre 2012


rndmband.com

RNDM, Modern Times, official video


11.17.2012

Crystal Castles, III (Mercury)

Alors que l'opus II était soit plus noisy, soit plus pop, ce troisième du nom se situe pile dans un entre-deux salutaire car non répétitif. Cette fois-ci, le duo a choisi d'enregistrer son nouveau disque en Pologne, sans l'assistance de samplers et autres, dans des conditions live et sur bandes. Ceux qui sont attentifs au parcours de Crystal Castles depuis le début savent que, si le duo utilise ses synthétiseurs comme des guitares, il n'a jamais chercher à flatter son auditoire, à flagorner au delà du raisonnable pour passer en radio. La recherche du tube dance ne l'intéresse pas, c'est plutôt le versant obscur du genre qui le préoccupe, celui qui a été exploré par l'indus, la synth-punk ou l'electronica malade de certaines productions du label Warp. En même temps, Crystal Castles aimerait produire de belles petites pop songs mais cette volonté se trouve altérée, contrariée. Le groupe a écouté la happy trance des 90's ("Wrath Of God"), l'euro-dance d'il y 20 ans ("Sad Eyes"), le R n' B des 00's ("Affection"), peut-être Nina Hagen ("Pale Flesh"), et il restitue ces influences à travers son propre filtre, sa sensibilité assez unique. La voix d'Alice Glass fait, à nouveau, l'objet de toutes les attentions. Ethan Kath (claviers et prod) la triture, la malaxe, la pitch, la duplique, lui fait subir les pires outrages. Dans le genre beau-bizarre, l'Afrique à Die Antwoord, la France Kap Bambino, les Etats-Unis Adult. et le Canada Crystal Castles.

Laurent Gilot

Crystal Castles, III (Mercury)
Sortie le 19 novembre 2012

www.crystalcastles.com/

Crystal Castles, Wrath Of God

Crystal Castles, Plague, official video

11.14.2012

Tiga, Non Stop (Different)

Le DJ-producteur canadien ne s'arrête jamais. Encore trop de sensations à emmagasiner dans ce petit corps à l'appétit sonique gargantuesque. Tant pis s'il faut déposer des rondelles de concombre derrière ses sunglasses (at night) après avoir posé des vinyles toute la nuit. Les derniers mixes de Tiga remontent au Dj Kicks de 2002 et au volume 5 de "Inthemix" de 2005 (en compagnie du DJ Ajax). Presque une éternité. Après un départ en douceur sur les mélodies vocales de Kindness, on attaque le versant de l'electro acidifiée avec 4E et AFX (aka Aphex Twin). Sur l'inédit "Plush", Tiga continue de reprendre à son compte l'état d'esprit sexy, minimaliste, hypnotique et technoïde de la maison Gigolo. Puis, Duke Dumont fait l'effet d'un puissant hallucinogène dans notre conduit auditif avec une sorte de rap-house effondrée sur lui-même. Plus loin, Marco Carola se souvient des années 90 (tout comme Tiga avec l'inédit "The Picture"), un peu comme si Dee Lite rencontrait Carl Craig (à l'époque, bien entendu). L'autre inédit du DJ, "Track City Bitch", s'enchaîne parfaitement et démontre, si besoin en était, que l'oreille du canadien est aguerrie quand il s'agit de combiner différents univers à priori antinomiques. On ne lui en demande pas plus pour faire notre bonheur.

Sibylle GL

Tiga, Non Stop (Different-Pias)
Sortie le 12 novembre 2012

www.tiga.ca/

Tiga, Plush, video audio


11.07.2012

Proxy, Music From The Eastblock Jungles - Part 1 (Turbo)

A force de faire des allers et retours à Berlin, il fallait bien qu'un jour Tiga s'intéresse à ce qui se passe un peu plus à l'est de notre vieille Europe. Avec le russe Proxy, il signe sur son label Turbo une belle machine chromé qui file dans la nuit comme un bolide fou que rien ne semble pouvoir arrêter. Techno, electro, dubstep, house, EBM, rave music, les genres défilent entre les mains du jeune producteur qui prend le dancefloors par les c******s, si je puis dire. En effet, "Music From The Eastblock Jungles" ne cherche pas à faire dans la dentelle, quoi que... Beaucoup de morceaux ("Raven", "Junk"...) semblent conçus pour en découdre avec le danseur inconscient perdu dans le noir au milieu des stroboscopes, comme si Proxy avait été élevé aux raves techno clandestines des années 90, aux sons de Prodigy et qu'il cherchait à en retrouver le parfum transgressif. Puis, il y a ces morceaux maladifs ("Raja Ganja") qu'il faut oser balancer à la face du monde, sans peur de vider la piste de danse. Ce premier volet se termine par la BO d'un film fictif (l'inédit "Abyss") qui n'a rien à voir avec le fameux film de James Cameron et qui pourrait parfaitement illustrer une course poursuite urbaine entre Batman et le Joker. A suivre en février 2013 avec la sortie de second volume de cette palpitante collection.

Marcus S

Proxy, Music From The Eastblock Jungles - Part 1 (Turbo-La Baleine)
Sortie digitale le 5 novembre 2012
Proxy, Music From The Eastblock Jungles - Part 1 & 2 (Turbo-La Baleine)

Sortie physique le 11 février 2013

fr-fr.facebook.com/turborecordings

Proxy, Music From The Eastblock Jungles, video

10.30.2012

Kreidler, Den (Bureau)

Les allemands ont toujours affectionné les ambiances du Krautrock, si tant est que l'on puisse dire qu'il existe quelque chose d'établi à ce niveau-là. En tout cas, comme à l'accoutumée, et pour la onzième fois, point de difficulté à rentrer dans l'univers ouaté et doucement chaloupé de Kreidler ("Sun"). Même un titre (pourtant évocateur) comme "Deadwringer" ne possède aucune face tranchante. Les structures sont déliées et nous conduisent progressivement vers des tempos plus appuyés mais toujours suffisamment aérés pour que l'on s'y sente bien. À l'instar de Kraftwerk ou NEU!, Kreidler joue sur la répétition qui entraîne l'hypnose des sens ("Rote Wüste", "Cascade") en partant des sons d'instruments classiques plus ou moins trafiqués (guitare, basse, batterie et clavier). Cet sorte de jazz-rock electro glisse progressivement vers l'obscurité pour finalement explorer les terres de l'electronica rêche. Les sons raclent un peu plus qu'au début et les ambiances se font légèrement plus inquiétantes ("Celtic Ghosts"), voire glaciale ("Winter") jusqu'à l'arrivée de samples d'un tir de mitraillette dont les agencements font penser à un "Money" (Pink Floyd) en plus anxiogène. Fascinant.
Laurent G

Kreidler, Den (Bureau-La Baleine)
Sortie le 10 octobre 2012

Kreidler, Den, official video


10.22.2012

The Datsuns, Death Rattle Boogie (Hellsquad)

Le premier moment calme et planant de ce début d'album totalement électrique survient au moment du break du second titre, "Gold Halo", mais il ne dure que 15 secondes. Il faut dire que nos amis néo-zélandais ont mis le turbo dès le départ. Lors des premières mesures de "Gods Are Bored", on sent que, si les dieux s'ennuient, nous, on ne va pas s'ennuyer ! Après les deux premières salves meurtrières, et une fois la fumée dissipée, "Axethrower" vient distiller son venin insidieux avec son rock gavé de fuzz et de distorsion animale (les deux guitaristes, Christian Livingstone et Phil Somervell, se complètent parfaitement). "Bullseye" nous chante ensuite à tue-tête le bassiste, Dolf DeBorst, dans un micro sous saturation face à ses attaques vocales répétées. Sur "Skull Full Of Bone", on part en virée sur un rythme proto-punk urgent qui n'empêche pas quelques passages pop-rock permettant de mieux relancer la machine à riffs. Puis, le fantôme de T-Rex passe une tête ("Shadow Looms Large") avant que Morrison n'en fasse de même sur un "Wander The Night" avec ces trous d'air qui se chargent brutalement de nuages bourrés d'éclairs. Le boogie bougrement remuant de "Goodbye Ghosts" dirait presque adieux aux deux fantômes précédemment cités. En ce qui nous concerne, on a vraiment envie de voir sur scène la belle énergie déployée par les Datsuns sur cet album.

Florian S

The Datsuns, Death Rattle Boogie (Hellsquad-La Baleine)
Sortie le 8 octobre 2012
 

www.thedatsuns.com

The Datsuns, Gold Halo, video

The Datsuns, Gods Are Bored, video

10.13.2012

Holy Other, Held (Tri-Angle)

La nuit a toujours inspiré les musiciens, quels que soient leurs univers musicaux. Le premier disque de ce producteur Mancunien exilé à Berlin est comme une ôde aux plaisirs de la chair nocturnes. Mais ici, point de minauderies ou de voix acidulées pour venir incarner ces activités favorisées par la pénombre. Tout est suggéré, évoqué, effleuré, déformé par petites touches succesives. Sur "Held", on croise également des fantômes réveillés par l'obscurité qui s'engouffrent dans les circuits imprimés des samplers, et autres synthétiseurs, pour donner naissance à des sonorités mystérieuses ("In Difference"). Une note de saxo devient alors comme une plainte au milieu de la nuit ("Tense Past"). Des morceaux de voix ("Inpouring", "U Now") forment presque des chœurs géorgiens qui s'élèvent dans le ciel étoilé pour mieux retomber sur terre. Au final, cette electronica, micro-house complètement affaissée nous met un peu les nerfs en pelote mais dieu que c'est bon ! Labyrinthique et enivrant à la fois.

Sibylle GL

Holy Other, Held (Tri-Angle-La Baleine)
Sortie le 29 août 2012

Holy Other, Held, video
 

10.10.2012

Fritz Kalkbrenner, Sick Travellin' (Suol)

Dans la famille Kalkbrenner, on connaissait déjà Paul, hébergé par les berlinois de BPitch Control, eh bien, voilà le frère, Fritz. Un peu à la manière d'un Matthew Dear dans son dernier album ("Beams"), l'allemand pose sa voix sur des nappes éthérées et des beats programmés. Différence notable, nous sommes ici dans l'univers de la tech-house minimale qui cherche absolument à faire danser tout en nous maintenant dans un certain état d'apesanteur. Fritz utilise souvent sa voix grave, assez soulful, comme un instrument ("Make Me Say") ou bien joue les équilibristes, sans cesse au bord du précipice avec son timbre si particulier ("Chequer Heart Day", "No Peace Of Mind"). L'écoute de "Sick Travellin'" fait un peu penser à certaines productions du label écossais Soma, dans les années 90, où des producteurs (Funk D'Void en tête) dressaient des ponts entre Detroit (USA) et le vieux continent européen. Fritz s'inscrit donc dans cette tradition tout en conservant sa spécificité allemande (le côté trancey de sa musique). En tout cas, si vous êtes tentés, le voyage ne vous déplaira pas.

Marcus S.

Fritz Kalkbrenner, Sick Travellin' (Suol-Rough Trade)
Sortie le 22 octobre 2012
Fritz Kalkbrenner, Get A Life, official video

10.06.2012

Lindstrøm, Smalhans (Smalltown Supersound)

A peine un an après la réalisation de "Six Cups Of Rebel", toujours sur le même label, voilà que Hans-Peter Lindstrøm remet le couvert avec un quatrième album. De par sa volonté de produire une disco aérienne et hypnotique privée de voix, il y a quelque chose d'un poil anachronique chez le musicien et producteur norvégien. Instrumentalement parlant, cela nous renvoie invariablement aux débuts du genre, du côté de Munich dans les années 70, où un moustachu bien en chair dessinait les contours d'une musique qui allait faire le tour du monde et des dancefloors. Par moments, chez Lindstrøm, on aimerait entendre l'intervention d'une voix qui viendrait vraiment donner corps à ces suites de ritournelles électroniques et discoïdes qui s'appuient sur les recettes de l'electro-tech-house des 90's. Ce fût le cas brièvement sur l'album "Real Life Is No Cool" avec la chanteuse Christabelle. En même temps, on ne peut guère blâmer Hans-Peter qui a depuis longtemps choisi ce parti pris et qui, la plupart du temps, ne semble pas vouloir d'autres interventions que ses notes de synthétiseurs analogiques parfaitement agencées. Au final, l'ensemble sonne un peu comme un exercice de style qui pourra en laisser froid certains (la pochette n'a rien de très sexy, tous les titres sont en norvégiens donc imprononçables) et en convaincre d'autres. Choisissez votre camp !

Sibylle GL

Lindstrøm, Smalhans (Smalltown Supersound)
Sortie le 6 novembre 2012
Lindstrøm, Ęg-Gęd-Ōsis, video audio


10.02.2012

Sinner DC, Future That Never Happened (Mental Groove)

C'est la nuit. Une petite pluie fine tombe sur le bitume. Les néons grésillent au fond de la grande avenue à moitié déserte... Je vous rassure, on ne se lance pas dans l'écriture d'un polar de gare mais on n'a pas trouvé meilleure description pour parler de la musique de Sinner DC. La formation suisse sait parfaitement jouer avec sa palette sonore qu'elle diffuse par petites touches, comme en atteste le palpitant "Endless Valley" qui ouvre ce septième album. Le titre suivant, "TC", poursuit dans la même veine avec ses montées de cordes synthétiques qui donnent la chair de poule. Cette house matinée d'électronique, quelque part entre M83 et James Holden, s'effondre parfois sur elle-même au moment où résonne une plainte soul et urbaine ("Hey Girl"). D'autres fois, les boucles technoïdes cherchent à s'imposer face à des notes de guitare qui courent à l'air libre ("Statues"). L'impression d'entendre la bande-son du prochain film de David Lynch est tenace tout au long de cette dérive musicale dans la vallée sans fin, comme si nous assistions à un western privé de coups de feu et dont la quête reste mystérieuse. Mais, peut-être que cette dernière est tout simplement l'amour comme le suggère les paroles de "Day/Night" et "Where She Goes".

Florian S

Sinner DC, Endless Valley (Mental Groove-AI Records)
Sortie le 01 octobre 2012

sinnerdc.com

En concert au Point Ephémère (Paris) le 5 Octobre 2012 à 20h

Sinner DC, Endless Valley, official video

9.20.2012

Reptile Youth (Hfn Music)

Que l'on se réjouisse, la pop lumineuse et dansante de The Rapture a fait des émules dans différentes capitales européennes, y compris à Copenhague. Et ce duo danois, fondé en 2009 par Mads Damsgaard Kristiansen et Esben Valløe, ne ménage pas sa peine pour tenter de convaincre son auditoire. Il y met les formes et une énergie relativement contagieuse qui a déjà conquis l'Extrême-Orient (le groupe a tourné en Chine et au Japon). Si cette musique semble ignorer les frontières entre les genres, elle n'en demeure pas moins solidement ancrée en terre pop. Ne vous fiez donc pas à cette pochette noire et mystérieuse. Aussi éloignée que possible des recettes micro-onde, elle cherche des voix alternatives, entre pop-punk-rock et electro-dance, pour faire bouger énergiquement nos jambes ("Black Swan Born White"). Reptile Youth est capable de composer la chanson parfaite qui vous donne envie de vous lever du bon pied et d'avoir la tête pleine de rayons de soleil toute la journée ("Mornig Sun", "Shooting Up Sunshine"). Le duo se permet même quelques petites espiègleries comme sur l'entraînant "Be My Yoko Ono", qui ne cherche pas spécialement à rendre hommage à la muse de John. Ce premier album éponyme de Reptile Youth réunit tous les ingrédients pour que l'auditeur passe un bon moment. On leur doit donc un grand merci !

Florian S

Reptile Youth (Hfn Music-La Baleine)
Sortie le 26 septembre 2012
 

Reptile Youth, Black Swan Born White, official video