Interview : Naïve New Beaters

La Onda, vague electropicale

Interview : Breakbot

By Your Side, une petite faiblesse qui vous perdra...

Album du mois : Sinner DC, Future That Never Happened

Parfaite petite ôde rétro-futuriste sur le label Mental Groove...

Focus : Two Door Cinema Club

Beacon, une livraison quatre étoiles...

Fluo Girls

The girls who shine in the night...

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8.31.2012

Naïve New Beaters, La Onda, vague electropicale

Avec le trio parisien, c’est la déconne à tous les étages, le fun total au coin de la rue, la banane permanente en soirée sur le dancefloor, et tout ça grâce à une musique qui puise sa source dans les vagues toniques de Venice Beach, les vapeurs urbaines de New York et les plages exubérantes de la Jamaïque. Le gris parisien ? NNBS s’en moque et le groupe préfère prendre le large sur sa bouée multicolore en plastique avec un « La Onda » qui sent bon le slip mouillé et la pizza faisandé. Entretien.

Est-ce que le fait de faire la première partie de Clavin Harris à Paris ou la musique de la pub Nokia vous a aidé pour vous faire connaître ?
David Boring (chant) : Grave, le piston, il n’y a que ça de vrai ! Calvin Harris est un super pote qui ne nous parle pas. C'était bien cool d’assurer sa première partie même si on a préfère faire celle de Cassius. Sinon, grâce à Nokia, nous avons eu des nouveaux téléphones qui envoient des MMS et plein de potes qui nous ont demandé de leur payer à boire.

Comment s'est déroulé l'enregistrement de votre nouvel album "La Onda" ? Aviez-vous plus de temps, de moyens que pour le premier, « Wallace » ?
D.B. : Contrairement à « Wallace ,» que nous avons enregistré en un mois avec des titres que l’on jouait en live depuis un certain temps, nous sommes, cette fois-ci, partis de zéro. Du coup, nous avons mis plus d'un an à écrire, puis enregistrer, les chansons de « La Onda » chez nous. On a finalisé l’ensemble dans la cave de luxe de Renaud Letang (Gonzales, Feist, Jane Birkin, Manu Chao, Alain Souchon…), un producteur qui pilote des hélicos et fume pas mal de « wallaces » (rires). 

Pouvez-vous me dire quel matériel et quels instruments vous avez utilisés pour ce disque ?
D.B. : Martin Luther Bb King possède plein de guitares Fender, surtout, mais aussi une Vigier pour la coupe fine « ambiance saucisson ». Pour l’occasion, il s'est aussi également acheté de nouveaux jouets, genre un Roland Juno et des pédales que personne ne sait faire fonctionner. Eurobelix a utilisé un Moog Little Phatty, un synthé Dave Smith, des xylophones et des sifflets bizarres qui font peur à son voisin. Quant à moi, je me suis offert une Melodymaker et une guitare Lap Steel pour draguer les pépées sur la plage (rires).

Pouvez-vous citer 5 disques qui ont (de près ou de loin) influencé "La Onda" ? A ce titre, pouvez-vous nous parler de votre mixtape "Tales from la onda" ?
D.B. : Récemment, Martin écoutait pas mal Weezer, Eurobelix ne se levait plus qu'avec les Beatles et je me suis replongé dans l'écoute des premières maquettes de NNBS (« Fat Love »). Histoire d'asseoir notre mégalomanie, on a fait une mixtape 100% Naïve New Beaters avec des inédits, des petites pépites bizarres et des remixes. La mixtape a été faite dans le but de passer de bonnes vacances avec nos potes et, en plus, elle est gratos.

Sortir un disque d'été au début de l'automne, c'est important pour le moral ? 
D.B. : Ouais, on espère faire chalouper l'automne comme si c'était l'été. L'été pique trop souvent la vedette à l'automne, et en plus, cette année, il n’assume pas son rôle. On va mettre un gros coup de pied dans la météo. Mais bon, il faut quand même préciser qu’il y a également des chansons pour l'hiver dans « La Onda ». 

Quelle va être la prochaine étape pour Naïve New Beaters : des remixes, une tournée... ?
D.B. : La tournée démarre à la sortie du disque et devrait nous prendre un bon bout de temps. On voudrait aussi garder un oeil sur les investissements fonciers à moyen terme pour ne pas perdre la main. Et surtout, on bosse sur la séparation du groupe en vue de la reformation l'année prochaine. Enfin, toujours dans le viseur, le concert pendant la mi-temps du Superbowl au Rose Bowl Stadium de Pasadena (rires).

Propos recueillis par Marcus Spielberg
Photo : Julot Bandit

Naïve New Beaters, La Onda (Cinq7-Wagram)
Sortie le 24 septembre 2012


En concert le 16 octobre à la Cigale (Paris)

Naïve New Beaters, Jersey, official video

8.23.2012

Breakbot, By Your Side, une petite faiblesse qui vous perdra

En 2010, on a découvert Thibaut Berland (alias Breakbot) sur le label Ed Banger avec le maxi "Baby I'm Yours". Ce jeune producteur français s'était attaché les services du chanteur des Outlines, Irfane, pour un résultat funk-house des plus brillants. Depuis, il a réalisé "Fantasy", un morceau à l'efficacité redoutable, au feeling très "Michael Jackson" (grâce à la voix du DJ Ruckazoid), mis en images par un clip qui témoignait d'une certaine nostalgie pour les années 80. Aujourd'hui, l'album "By Your Side" est la nouvelle étape logique pour Breakbot, dévoilant un univers musical qui oscille entre electro, soul, pop-rock et funk seventies-eighties. Entretien express avec l'auteur blanc de cette petite merveille de musique noire.

Comment le projet Breakbot a-t-il germé dans ton esprit ? 
Thibaut Berland : J'ai toujours voulu faire de la musique. Quand je me suis créé ma page myspace en 2005, il a bien fallu trouver un nom...

Le single et la vidéo "Fantasy" : c'est un fantasme devenu réalité ?
T. B. : Un fantasme je ne crois pas, mais un plaisir certainement.

Comment s'est déroulée la réalisation de ton album "By Your Side" ?
T. B. : Je travaille sur des instrumentaux dans mon coin et après, je fais appel des chanteurs pour qu'ils collaborent au projet.

Quels sont les machines et les instruments que tu as utilisés pour ce disque ?
T. B. : Il y a très peu de 'vrais instruments'. Grosso-modo, j'ai tout fait avec un PC, le logiciel Ableton live, des plug-ins et un clavier midi. Puis, il y a quelques collaborations avec de vrais musiciens (Irfane, Björn du groupe Pacific!...). J'ai fait appel à mon frère pour quelques parties de clavier et des amis à moi ont enregistré des pistes de guitare électrique.

Propos recueillis par Sibylle GL
Photo : Marco Dos Santos

Lire également :


En tournée :
16.09 WE LOVE GREEN, PARIS
21.09 SCOPITONE, NANTES
22.09 PALOMA, NÎMES
29.09 MARSATAC, MARSEILLE
20.10 FANTASTIC FEST, LILLE
Breakbot, By Your Side (Ed Banger-Because)
Sortie le 17 septembre 2012

Breakbot, One Out of Two - featuring Irfane (Teaser)

6.01.2012

Jimmy Edgar, Majenta plein les yeux

A l’instar de notre Sébastien Tellier, mais dans une gamme chromatique différente, le producteur de Détroit Jimmy Edgard irrigue son nouvel effort, «Majenta», de couleurs acidulées. Ce fou de Prince et de synthétiseurs modulaires nous transporte dans des années musicales révolues (les 80’s) et nous convainc qu’elles sont encore d'actualité. Entretien exclusif.


Comment a été accueilli la sortie de ton précédent album, « XXX », réalisé pour le compte de !K7 en 2010 ?
Jimmy Edgard : Les réactions ont été très positives aux Etats-Unis. En Europe, ce disque a un peu déconcerté les gens mais l’accueil a quand même été plutôt bon. En fait, les influences sur ce disque viennent principalement du R ‘n’ B et c’est quelque chose de très américain… Aujourd’hui, le R ‘n’ B est probablement l’une des formes musicales les plus américaines qui soit avec le jazz. Techniquement, l’album est parfait. J’ai travaillé dessus pendant 5 ans et j’ai utilisé beaucoup de matériel analogique de « class A » sur ce disque. A mon humble avis, la production de « XXX » est l’une des  meilleures que j’ai réalisée à ce jour.

Depuis 10 ans, tu as souvent changé de label. Est-ce que c’est un choix personnel ?
J.E. : En fait, cela arrive naturellement. Je suis à la frontière exacte entre la musique populaire et la musique underground. C’est une dichotomie assez intéressante. Des labels s’investissent dans mes projets parce que cela les intéresse et, d’une certaine façon, j’aime les changements radicaux. Cela dépend des contextes mais je suis bien obligé d’avouer que tout ceci est dû à des choix souvent personnels. En fait, quoi que tu fasses, tout est lié à tes choix personnels, que tu en ais conscience ou pas. Nous avons un contrôle sur les choses bien plus important que celui que l’on veut bien reconnaître.

Peux-tu nous en dire plus sur le processus d’enregistrement de ton nouveau disque « Majenta » ?
J.E. : J’ai commencé à travailler sur cet album avec de vieux samplers, un synthétiseur polyphonique analogique 8 voix et de vieux synthés analogiques. Je fais de la musique sans ordinateur. Quand je suis satisfait du résultat, je transfert le morceau sur bandes ou je l’enregistre directement dans Logic en passant par des convertisseurs. Puis, la plupart du temps, je me concentre sur le fait de dépouiller mes chansons, de retirer pas mal de choses puis de rééditer le tout ainsi que les parties mélodiques. C’est une phase que j’appelle une phase d’« ornementation ». « Majenta », quand à lui, a été conçu d’une façon un peu différente car j’ai assemblé un synthé modulaire de 27 racks pour l’occasion. La plupart des sonorités de ce disque sont issues de la synthèse modulaire.  Habituellement, j’ai la capacité d’avoir un système modulaire de 16 voix et je recherche la possibilité de pouvoir le configurer pour jouer 8 voix en même temps avec un système MIDI. Je crois que je vais devoir attendre que le module 8 voix sorte. En attendant, je me contente de 5.

Parlons de certains titres de ce disque, comme « Attempt To Make It Last » ou « I Need Your Control ». On a l’impression qu’ils ont été enregistrés dans les années 80 sous influence de Prince, on pense à « Soft & Wet », par exemple. Quel est ton avis sur la question ?
J.E. : Oui, j’ai grandi avec Prince. Tous ceux qui connaissent ma musique le savent. Lentement, je me détache de ces influences car les années 80 étaient cools pendant un moment. Aujourd’hui, cela devient ennuyeux… Mais le son de cette époque est encore chargé d’émotions pour moi. Quoi qu’il en soit, les morceaux que tu as cités ont été réalisés il y a quelques années. Ils sont bons mais par forcément représentatifs à 100% de ce que je fais aujourd’hui. En revanche, ils sont relativement intemporels. En ce moment, je travaille sur de la musique futuriste, je crois que cela aura une influence sur mes prochaines réalisations. Mes prochains travaux seront assez uniques et détachés de mes influences passées. Le synthétiseur modulaire a radicalement changé ma façon de travailler et de faire de la musique.

L’artwork de “Majenta” est assez kitsch. Quel est ton point de vue sur la question ?
J.E. : Tous ceux qui pensent que ce visuel est kitsch sont un peu ignorants. Mais, j’accepte la critique, ça ne me pose pas de problème. Je trouve qu’il est important d’apporter une touche humoristique à une chose qui peut paraître totalement sérieuse. Désolé, mais je ne prends pas au sérieux (rires). Cet artwork est une oeuvre du nom de Majenta, que j’ai réalisée moi-même pour l’occasion. Elle représente la part féminine de l’humanité qui rayonne. L’énergie des étoiles changent la couleur des UV en majenta. C’est une couleur que certains d’entre nous sont capables de voir et cela peut changer la conscience de l’humanité. Dans ton enfance, as-tu déjà noté que le soleil virait du jaune au bleu clair ?

Je vais réfléchir à la question (rires). Sinon, quelle va être la prochaine étape pour toi ?
J.E. : Je vais continuer à peaufiner mon show à base de LED pour qu’il devienne encore plus impressionnant et animé. Je vais continuer à voyager à travers le monde pour défendre mon disque. Puis, plus que tout, je vais essayer de passer du temps en studio et travailler avec de nouveaux artistes. Je crois que cette année va être incroyable !

Propos recueillis par Laurent Gilot
Photo : DR

Jimmy Edgard, Magenta (Hotflush-La Baleine)
Sortie le 30 mai 2012


Jimmy Edgar, Switch Switch, video audio

3.24.2012

Kap Bambino, Devotion explosif

C’est un peu l’alliance de la belle (la chanteuse Caroline Martial) et de la bête (le metteur en son Orion Bouvier). Faire de l’electro hardcore à Bordeaux, ça peut faire tâche mais, les deux sont loin d’en être, des tâches. Où plutôt si, une grosse sur la carte de la french touch avec l’explosif nouvel album « Devotion ». Interview express.

Le nom Kap Bambino ?
Orion Bouvier : Il vient d'une légende que ma grand-mère italienne m’a racontée. Pendant la seconde guerre mondiale, une bande d'enfants, les "kap bambino", avait réussie à fuir la ville de Milan après que leurs parents aient été tués ou déportés dans les camps. Ils sont allés dans les bois faire de la résistance. Ils ont échappé aux militaires, au gouvernement et ont survécu à la guerre.

L'autoproduction, à travers votre propre label Wwilko : est-ce un choix délibéré ou la seule manière de pouvoir sortir vos premières productions ?
Les deux. Quand on a démarré, on était des gamins, on voulait absolument faire circuler des nouveaux sons, on ne voulait pas perdre de temps à attendre que quelqu'un s'intéresse à notre musique ou celle de nos artistes. Du coup, on a pris les devants, on a monté Wwilko ! Puis, en 2001, avec ce style de musique, on savait qu’on n’avait aucune chance d'être écouté ou diffusé par les maisons de disques traditionnelles.

Quid de votre nouvel album ?
C'est une réflexion sur les 10 ans du groupe et de notre label, Wwilko. Ca fait un paquet d'années qu’on affectionne la musique indépendante et barrée. C’est comme une évidence et un constat : notre vie est dédiée à cette musique en général, aux autres, à nos prestations live, etc… Ce disque est le fruit de tous nos cris, de cette énergie généreuse dans toute sa fragilité et sa force.

Pour des gens apparemment sans technique, avez-vous une technique d’enregistrement ?
Nous enregistrons ensemble à quatre mains et quatre pieds dans notre chambre comme cela a été le cas pour tous les albums précédents. Nous n'avons jamais voulu aller en studio car nous avons toujours voulu conserver notre patte sonore. Le fait d'avoir tout a disposition à la maison nous permet de faire de la musique tout le temps sans contraintes.

Propos recueillis par Laurent Gilot
Photo : DR

Kap Bambino, Devotion (Because Music)
Sortie le 5 mars 2012

Kap Bambino, Rise, Vidéo

9.05.2011

Housse De Racket, Alesia : jeu, set et match


Pierre Leroux (guitare, chant) et Victor Le Masne (batterie) forment le duo Housse De Racket. Ils viennent de sortir leur second opus, « Alesia » (Kitsuné/Cooperative Music), qui fait la part belle à des chansons pop souvent nostalgiques des années 70/80. Explications en compagnie de nos deux tennisman qui font plus parler d’eux en dehors des cours.



Housse De Racket s’est fait remarquer en 2008 avec l’album « Forty Love » et le single « Oh Yeah » qui a remporté au beau succès grâce à un vidéo-clip dynamique et gentiment bariolé. A cette époque, le duo français s’est fait taxé (à tort) de « formation bourgeoise et pistonnée » alors qu’il avait connu son lot de galères et de petits concerts à la fête de la musique. Passons. Depuis le début de l’année, les deux français ont posé leurs valises au sein du label pointu Kitsuné. Il faut dire que 3 années sont passées depuis la sortie de « Forty Love ». Une éternité dans le milieu de la musique. Pierre précise : « Nous avons fait parvenir l’été dernier (2010) les premières maquettes du disque (« Alesia ») que nous étions en train de produire avec Philippe Zdar (Cassius). Gildas (ndlr : l’un des co-fondateurs du label) a très rapidement manifesté de l’intérêt pour les nouveaux morceaux. Par la suite, les choses se sont mises en place très rapidement. » On peut donc dire que, du polo Lacoste (cf. le clip « Oh Yeah ») au polo Kitsuné (la marque est une ligne de vêtement à l’origine), il n’y a qu’un pas que House De Racket a allègrement franchi : « On est très content d’être chez Kitsuné car, pour nous, c’est un label qui a une identité forte au même titre qu’Ed Banger, par exemple. Je trouve que la maison de disques a un état d’esprit propre. Il y a peu de signatures sur ce label et on se sent un peu comme des « cousins éloignés »… Mais bientôt, on fera complètement partie intégrante de la famille ! » Et Victor de rajouter : « Pour nous, c’est un label influent qui rayonne vraiment à l’étranger. Il y en a très peu de ce genre en France. C’est exactement ce que l’on recherchait. » Quand on écoute pour la première fois la musique d’Housse de Racket, on ne peut s’empêcher de penser à une formation versaillaise qui a su s’exporter hors de nos frontières. Mais, le groupe fait très attention à ne pas sonner comme un vulgaire ersatz : « Au même titre que pour notre précédent album réalisé par Philippe Zdar (Cassius), qui a également collaboré avec Phoenix, nous voulions éviter d’avoir un son similaire. On a cherché à s’isoler le plus possible de toutes influences en n’écoutant pas les albums produits par Zdar et en essayant de trouver un son propre à Housse De Racket », explique Pierre. Victor poursuit : « Comme Philippe était à l’origine du dernier Phoenix, « Lisztomania », nous nous sommes dit qu’il saurait très bien comme ne pas reproduire le son de cet album en enregistrant le nôtre. De plus, il n’avait pas du tout envie de faire deux fois le même disque. » Voilà qui est dit… Une des particularités et curiosités du producteur parisien, c’est son studio toujours en ébullition créative. « Ce qu’il y a de super chez Zdar, c’est qu’il se passe vraiment un truc. A un moment donné, tout les gens qui viennent participe à la création des morceaux, que ce soit 
pour Cassius ou d’autres projets. Zdar est toujours à la recherche de points de vue différents, à l’écoute de conseils. Quand tu passes dans son studio, il y a sans cesse de l’activité. Par exemple, quand il était en train de bosser sur le disque de The Rapture, nous avons participé à un morceau. Quand les gens passaient, il demandait leur avis sur l’album que nous étions en train d’enregistrer avec lui. C’est donc une espèce de processus d’échanges permanent. » C’est donc (en partie) cet environnement créatif qui donne « Alésia », album quatre étoiles propulsant Housse De Racket dans le sillage de ces dignes prédécesseurs (Phoenix, Air) dont ils ont croisés la route à un moment donné. Juste retour des choses.


LG

Housse De Racket, Alesia (Kitsuné/Cooperative Music)
Sortie le 22 août 2011

Housse De Racket, Roman, vidéo



4.22.2011

Metronomy, The English Riviera, interview

Au sujet de sa musique, la formation anglaise parle d’un croisement entre Daft Punk et les Eagles. A l’écoute du petit dernier, « The English Riviera », on penchera plutôt pour la deuxième comparaison tant la musique de Metronomy évoque les ambiances ouatées de la West Coast des seventies. Le leader et principal compositeur, Joseph Mount, nous livre les principales clés pour décrypter ce troisième opus au raffinement indéniable.


Un vrai album de studio
Anna Prior (batterie), Gbenga Adelekan (basse), Oscar Cash (synthé/saxophone) et Joseph Mount (chant, guitare, synthé) forment aujourd’hui le groupe Metronomy. C’est cette formation qui a enregistré le très élégant « The English Riviera ». Plutôt habitué aux albums fait à la maison, le quatuor s’est retrouvé dans un nouveau contexte pour élaborer ce troisième opus : « Cette fois-ci, le processus d’enregistrement a été totalement différent », explique le porte-parole Joseph Mont. « Tout a été réalisé dans un studio professionnel alors qu’auparavant, les albums de Metronomy étaient conçus dans ma chambre. J’aurais pu continuer ainsi éternellement car c’est vraiment fun. Mais, cette fois-ci, il nous fallait quelque chose d’encore plus solide au niveau sonore. Notre volonté était d’enregistrer à l’ancienne dans un studio, de le faire piste par piste pour chaque instrument. Notre précédent disque (ndlr : « Nights Out » en 2008) contenait trop de programmations donc je voulais que le nouveau sonne le moins programmé possible. » Et Joseph de préciser avec encore plus de détails la spécificité sonore de ce « The English Riviera » : « C’est très certainement un vrai projet de groupe, et, en même temps, il y a plus de parties acoustiques, on peut entendre correctement chaque instrument. »

Early technology
A ce stade, nous sommes donc en droit de nous demander ce qui trottait dans la tête (chercheuse) du guitariste chanteur anglais, quelles étaient ses véritables sources d’inspiration : « Durant notre travail sur ce disque, j’ai beaucoup écouté de premiers enregistrements fait à partir d’instruments électroniques, que ce soit des synthétiseurs ou des boîtes à rythmes. C’était bien avant que les ordinateurs et le numérique envahissent toutes les productions. Je pense, par exemple, aux disques d’Herbie Hancock ou de Stevie Wonder qui ont été conçus à partir de synthétiseurs mais qui étaient enregistrés d’une manière classique, sans beaucoup de programmations. L’idée pour ce disque était donc de réaliser un album « électronique » en utilisant un maximum de vrais instruments. » Il est à noter que, dans ce processus créatif, les souvenirs musicaux de Joseph tiennent une place prépondérante. En effet, la fibre nostalgique du musicien a totalement orienté la direction musicale de « The English Riviera », comme il nous le précise : « L’idée de départ de ce disque était de retrouver l’ambiance musicale de mes 15, 16 ans, quand tu vas pour la première fois à une fête chez des amis, que tu bois ton premier verre d’alcool ou que tu fumes ton premier joint. Il y a plein de disques qui me rappellent ces fêtes comme « Entroducing » de DJ Shadow, « The Score » des Fugees ou Portishead. Je voulais vraiment retrouver cette ambiance downtempo et enfumée qui me donnait le sentiment de vraiment grandir à l’époque. » Et Joseph d’imaginer des étudiants qui achètent pour la première fois un album de Metronomy et qui se mettent à tripper sérieusement sur cette musique qui invite à la « coolitude ». Un vrai fantasme pour tous musiciens qui se respectent.  

Des disques repères
Lorsqu’on demande au briton les disques qui l’ont définitivement marqué au cours de ces dernières années, il mentionne, non sans une certaine réticence (dûe à la peur du ridicule ou de passer pour une sorte de vieux conservateur ?) : « Pet Sounds » des Beach Boys, « Entroducing » de DJ SHadow, « Dark Dancer » des Rythmes Digitales (aka Stuart Price), « Fullfillingness First Finale » de Stevie Wonder, le white album des Beatles, « Music Has The Right To Children » des Boards Of Canada, les remixes de Funkstörung, « Rumours » de Fleetwood Mac et « Paul’s Boutique » des Beastie Boys. On a donc là un beau panaché d’influences qui se retrouvent toutes combinées, d’une manière ou d’une autre, dans « The English Riviera ». Au sujet de ce titre, on se demande bien quelle est cette fameuse riviera ? On connaissait la française mais pas l’anglaise. « J’ai juste imaginé que la région dont je suis originaire (ndlr : le Devon, au sud-ouest de l’Angleterre) était un coin super branché musicalement et jeune, ce qui n’est absolument pas le cas, » explique, non sans malice, Joseph. « J’ai inventé une scène musicale – le ‘Devon Sound’ – un peu comme le son de la côte Ouest dans les années 70. Dans mon imagination, le Devon était devenu un endroit comparable à Portland dans l’Oregon, il suffisait ainsi de déclarer à la presse musicale qu’on venait de la riviera anglaise pour être digne d’intérêt. » Encore un fantasme de musicien qui prend forme le temps d’un album. Même si Metronomy est un vrai groupe sur scène, Joseph garde la maîtrise complète du processus de création, de la composition à la production : « Suite au départ de Gabriel et avec l’arrivée d’Anna à la baterrie et de Gbenga à la basse, nous sommes devenus un quatuor. Nous n’utilisons donc plus aujourd’hui de « backing tracks » ou de programmations sur scène. Tout est joué ce qui rend les choses plus excitantes en live. »  

Au cœur de la pop
Alors que le groupe a repris « Toxic » de Britney Spears, Joseph affirme vouloir remixer des artistes hip hop comme Lil Wayne. En fait, tout cela découle d’une fascination globale pour la musique pop américaine. « Aux Etats-Unis, on a l’impression que les rappeurs et chanteurs pop n’ont fait qu’écouter de l’eurodance, ce qui nous a un peu plombé au cours de ces 20 dernières années. Je regrette les Neptunes ou les productions du Timbaland des débuts. J’aime beaucoup Britney et j’espère qu’elle va reprendre le dessus par rapport à Lady Gaga qui lui doit beaucoup. » Quoi qu’il en soit, « The English Riviera » doit une fière chandelle aux musiques des deux côtés de l’Atlantique. Joseph parle d’ailleurs d’un croisement entre le rock de L.A. des 70’s et le trip hop de Bristol. Un mélange hybride qui permet à Metronomy de proposer une belle incursion en terres pop.

Texte : Laurent Gilot
Photo : DR

Metronomy, The English Riviera (Because Music)
Sortie le 11 avril 2011

Metronomy, The Bay, official video

8.23.2010

Klaxons, Surfing The Void, L.A. flavour

Formé en 2005 et très vite associé au courant éphémère New Rave anglais, le premier album des Klaxons, "Myths of the Near Future", a été salué par la critique musicale internationale et a reçu, entre autres, le prestigieux prix Mercury Music Prize. La pression était donc importante pour son successeur, «Surfing The Void », qui s’avère, au final, être un bon cru de pop-dance psychédélique. Explications en compagnie du chanteur James Righton.

Peux-tu me dire comment a été reçu votre premier album ? Est-ce que le succès de celui-ci a été rapide, voire trop, pour un jeune groupe comme vous ?
James Righton : On a pu tourner à travers le monde entier et on a l’impression que notre musique parlait aux gens. Cela nous a conforté dans la voie que nous avions choisie. C’est ce que nous voulions dès le départ, que notre musique soit acceptée par un maximum de gens. Notre vie a beaucoup changé depuis 2007. C’est assez étrange comme sensation. Depuis le moment où le groupe s’est formé jusqu’au moment où nous avons signé sur une maison de disques et que nous avons sorti notre premier single, tout est allé très rapidement. On s’est retrouvé à faire les premières parties de Daft Punk ou Björk, c’était très bizarre mais, en même temps, nous nous sommes vraiment bien amusés. Mais, nous avons eu besoin de ne pas trop réfléchir à tout ce qui se passait autour de nous, c’était vital pour pouvoir continuer à se concentrer sur notre musique.

Comment cette grande tournée mondiale s’est-elle terminée ?
Lorsque nous nous sommes arrêtés, il était définitivement temps de le faire. Fin 2008, nous avons achevé cette tournée en Amérique du Sud dans des endroits que nous n’avions jamais visités. On ne peut pas dire que nous n’étions plus heureux de jouer sur scène mais il était temps pour nous de nous attaquer à un nouvel album, d’avoir de nouvelles chansons à notre répertoire.

Vous avez cherché à faire un break ou vous avez directement enchaîné avec des sessions studio ?
En fait, nous ne nous sommes jamais arrêtés de faire de la musique. Je ne sais pas pour les autres groupes mais, en ce qui nous concerne, nous avons l’habitude de nous voir tous les jours…Nous avons donc très vite commencé à travailler dans notre home studio sur de nouvelles compositions. En fait, notre technique de composition nécessite de tous se retrouver en studio. On ne commence pas à écrire une chanson à la guitare acoustique pour ensuite la faire écouter aux autres.

En quoi le processus créatif de cet album était-il différent du précédent ?
En fait, nous avons travaillé dans un studio à Venice (Los Angeles) pendant 4 mois. En ce qui concerne le premier album, les choses se sont faites très rapidement. Avec celui-ci, il fallait que l’on arrive à capter des moments précis, des instants d’inspiration. Et puis, cette fois-ci, nous sommes entrés en studio en tant que vrai groupe alors que sur le précédent disque, plusieurs parties instrumentales avaient enregistrés séparément en mode « home studio ».

Y-a-t-il eu une phase de pré-production pour « Surfing The Void » ?
Nous avons passé deux semaines avec notre producteur Ross Robinson (ndlr : Deftones, Sepultura, Soulfly, The Cure) en pré-production à jouer les chanson encore et encore jusqu’à obtenir un résultat qui soit satisfaisant pour tout le monde. Ce qu’il y a de bien avec Ross, c’est que rien ne doit être forcé, il faut que ce soit le plus spontané possible, que tu te sentes inspiré pour réaliser la meilleurs parties instrumentales qui soient. Ross créée les conditions idéales pour que tout se passe bien à ce niveau-là. A chaque enregistrement, on faisait le point sur ce qui nous a donné envie d’écrire telle ou telle chanson, sur ce qui nous motivait en tant que musiciens. Il fallait que les choses viennent vraiment de notre cœur, qu’il n’y ait pas de morceaux qui semblent calculé sur ce disque. On avait besoin que ce soit très primaire, instinctif.

Techniquement parlant, sur quel support avez-vous réalisé cette première phase ?
Pour notre premier disque, tout a été enregistré sur un ordinateur équipé de Protools. Avec celui-ci, nous voulions avant tout sonner comme un vrai groupe. Lorsque nous avons enregistré les parties de batterie, nous n’avons pas voulu utiliser de métronome. La plupart de ces parties ont été enregistrées sur bandes avec un maximum de 3 ou 4 prises. C’était le challenge dès le départ et nous avons réussis à le remporter (rires). Même s’il y avait des petites erreurs, nous avons voulu les conserver car c’est plus réaliste comme ça.

Enregistrer un disque à Los Angeles, c’est toujours une expérience particulière ?
En fait, c’est là que Ross a son studio donc c’est pour cela que nous nous sommes retrouvés dans cette ville à réaliser notre second album. C’est toujours bien de se retrouver loin de l’Angleterre, cela évite pas mal de distractions. En plus, Venice est un quartier à part dans la grande mégalopole de Los Angeles. Nous étions donc très concentrés sur ce que nous avions à faire. Nous passions toutes nos journées à bosser sur les morceaux en s’accordant tout de même quelques sessions de surf (rires).

Quelle est ta période musicale préférée à Los Angeles ?
Je dirais les seventies avec les productions de Neil Young, à partir de «After The Gold Rush » (ndlr : album réalisé en 1970). Je trouve qu’il y a eu pas mal de bons disques issus de cette période. Mais, ce n’est en aucune manière une influence sur notre nouveau disque. Nous ne sommes pas le genre de groupe qui cherche à s’inspirer de ce qu’il écoute. Aujourd’hui, il y a tellement de sources d’inspiration musicale qu’on ne veut pas se limiter à une seule source. Notre musique est vraiment le résultat d’un groupe en tant qu’entité.

Au départ, vous avez été associé à la scène New Rave. Quel est votre point de vue sur la question aujourd’hui ?
C’est assez bizarre de penser à cette association. Honnêtement, je trouve qu’il n’y a pas eu de courant musical massif, il n’y a pas des centaines de groupes qui en ont émergé spontanément. Ca n’a rien de comparable avec la mouvance brit pop du début des années 90. En fait, c’était plus un regroupement de différents groupes qui avaient des influences communes provenant de la scène rave mais qui était interprétées de manière très différente d’une formation à l’autre. Par exemple, on pourrait difficilement nous comparer à Soulwax.

Peux-tu nous parler de « Flashover », le premier titre extrait de «Surfing The Void » que l’on peut entendre sur votre page myspace ?
Nous voulions mettre en avant un titre très direct et énergique. Ca aurait été trop évident de mettre en avant une chanson pop par exemple (rires).

Propos recueillis par Laurent Gilot
Photo : Harley Weir

Klaxons, Surfing The Void (Universal/Polydor/Because)
Sortie le 23 août 2010

4.01.2010

Fortune, Staring At The Ice Melt, disque d’or

Le premier album des français de Fortune, « Staring At The Ice Melt », nous replonge littéralement dans les ambiances pop 80’s tout en sonnant tellement actuel. Nous avons voulu en savoir plus sur ce disque avec le chanteur et multi-instrumentiste Lionel Pierres.

Dans quelles conditions avez-vous enregistré votre premier album ?
Lionel Pierres : Tout s’est fait au studio Le Hameau, au Mans, qui a été créé par un ancien programmateur de la Flèche d’Or. La composition de l’album proprement dit s’est étalée sur presque deux ans et nous sommes restés trois semaines en studio. Pour le mixage, on a travaillé avec Stéphane « Alf » Briat. D’un point de vue instrumental, nous sommes des touche-à-tout et chacun peut jouer de plusieurs instruments.

Est-ce que que vous commencez par travailler sur des machines avant de reproduire en studio vos compositions ?
En général, je travaille sur les compositions avec Pierre. On habite à Paris mais on s’envoie les morceaux par mail afin d’échanger plus rapidement. Chacun rajoute des choses par rapport au morceau original. On travaille tous les deux sur la structure et les arrangements. Après, en répétition, on bosse avec notre batteur, Hervé Loos, sur les rythmiques.

Quel est votre équipement ?
Chez nous, nous avons juste des micro Korg qui nous permettent de composer d’une manière basique. Au studio, nous nous sommes pas mal servis des synthés que l’on a eu à notre disposition : un Moog-rock, un Pro-One, un Voyager, un SH-1 ou un Clavinet, que l’on a beaucoup utilisé.

Sur « Staring At The Ice Melt », il y a un peu une volonté de réhabiliter le son des années 80…
En fait, on ne s’est pas dit que l’on allait essayer de copier le style de ces années-là. On a beaucoup d’influences rock, indie rock et également techno, c’est ce qui donne le son de Fortune. D’un autre côté, on aime beaucoup certaines formations 80’s comme Blondie ou les Talking Heads. C’est une période musicale où tous les genres se mélangeaient, que ce soit le hip hop, le disco, l’electro, et c’est cette mixité que l’on a voulu retrouver sur l’album.

Sur scène, est-ce que vous essayez de reproduire le plus fidèlement possible les morceaux du disque ?
Pour le moment, on est proches des versions originales mais, de plus en plus, on essaye de faire des versions « extended ». Il y a certaines parties que l’on joue de manière différente d’un concert à l’autre. On essaye d’élargir de plus en plus le spectre des morceaux, c’est en tout cas notre volonté.

Laurent Gilot

Fortune, « Staring At The Ice Melt » (Disque Primeur/EMI)
Sortie le 5 avril 2010

10.05.2009

Paco Volume, Manhattan Baby, good shot

Quelque part entre Divine Comedy et David Bowie, Paco Volume livre un premier album de pop érudite et voltigeuse : « Manhattan Baby ». Entretien avec un musicien en devenir.

Tu es un grand fan de magazines de matos. Qu’est-ce qui t’attire dans celui-ci ?
Paco Volume : Pour moi, ces magazines sont l’équivalent du magazine ELLE pour les femmes (rires). Cela vient de ma relation avec le matériel, il y a comme une sorte de fétichisme, je suis un vrai nerd. Mon chat, par exemple, s’appelle Protools (rires). Je pourrais parler de Sidechain dans Logic 8 pendant 20 minutes mais on ne va pas avoir le temps (rires).

Peux-tu nous éclairer sur ton parcours en tant qu’auteur-compositeur ?
En tant que compositeur, j’ai une maturation assez lente. Ca ne fait pas très longtemps que je suis content de ce que je fais alors que je compose des morceaux depuis l’âge de 9-10 ans. A la fin des années 80, dans les Hautes-Pyrénées, j’ai grandi dans une maison avec des instruments un peu partout. Je suis le seul dans ma famille qui n’ait pas été poussé à faire de la musique par mes parents. C’est plutôt une situation confortable parce que j’ai appris la musique en pur autodidacte, sans que l’on me force. Pour moi, c’était un peu comme jouer à la console et, aujourd’hui, je n’ai pas perdu ce goût du jeu, de la volonté de créer.

Plus jeune, quels sont les artistes qui t’ont marqué ?
Comme ma sœur avait 10 ans de plus que moi, j’écoutais ses disques à travers le mur de ma chambre. Aujourd’hui, quand je réécoute les disques de Kate Bush, Prefab Sprout, David Bowie ou Prince, je me rends compte que le son n’était pas aussi sourd que ça (rires). J’ai donc été élevé à une écriture pop assez élaborée.

Pourquoi avoir choisi l’anglais pour t’exprimer ?
Ca vient de ma mère qui est professeur et qui me parlait anglais quand j’étais petit. Puis, j’ai rencontré une fille néo-zélandaise et je me suis mis dans la tête que j’allais devenir une rock star dans ce pays (rires). J’ai formé un duo de hard rock qui s’appelait Napalm Pilot. J’y suis resté un an et demi mais j’étais le seul convaincu de mon talent ! Après cette expérience pas très concluante, de retour en France, je me suis dirigé vers des études de sommelier. Je trouvais alors le fait de faire de la musique un peu ringard. Puis, en travaillant chez un caviste à Bordeaux, j’ai commencé à m’intéresser de nouveau à la musique en rencontrant certains membres de groupes locaux comme The Film, Calc. C’est à partir de ce moment-là que je me suis remis à la composition sans m’imposer des contraintes débiles, en étant plus réaliste.

Comment sont nés le projet Paco Volume et le premier disque ?
En fait, Paco Volume est né avec myspace il y a 3 ans. Puis, le label Discograph m’a très vite contacté et on m’a demandé d’autres morceaux. J’ai été signé en édition chez eux et les Inrocks ont sélectionné un de mes morceaux sur la compilation des nouveaux artistes non signés CQFD. Ensuite, ça m’a pris 3 ans pour enregistrer l’album « Manhattan Baby ». Ce disque a été réalisé avec le producteur François Chevalier aux studios Pigalle à Paris. On y a enregistré les batteries, les basses, des parties de piano, car le studio est équipé d’un vrai Steinway… François m’a vraiment poussé pour que je retravaille tous mes morceaux spécialement pour cet album. Quand on compose tout seul, il y a très vite de l’auto complaisance et un manque de recul. Toute la pré-production a été réalisée dans mon home studio puis, après, j’ai eu la chance de pouvoir aller dans ce studio pour tout mettre au propre… Parfois, on a gardé certaines prises ou on en a réenregistré d’autres.

Quels sont les instruments que tu utilises principalement ?
L’idéal est d’avoir une configuration home studio qui te permet d’enregistrer rapidement une idée. Tous les synthés que j’utilise sont des plug-ins. Cela me permet d’aller plus rapidement pour élaborer un morceau. C’est vrai que rien ne remplace les vieux synthés analogiques comme le Moog mais, le temps de le brancher, de voir s’il sonne juste, de retrouver le son qu’il avait la veille, etc…  Pour moi, ce n’est pas du temps à faire de la musique.

De quelle façon composes-tu ?
Ma musique part toujours d’une mélodie de voix ensuite les instruments ne font qu’accompagner celle-ci. C’est ma méthode et je ne sais pas faire autrement.
Aujourd’hui, je vais tourner avec un bassiste, un batteur, un clavier et moi-même à la guitare-voix. Comme il y a des arrangements assez touffus sur cet album,  nous allons faire des adaptations des chansons de « Manhattan Baby » pour la scène. C’est très excitant et c’est un tout nouveau challenge pour Paco Volume !

Propos recueillis par Laurent Gilot
Photo : DR
 
Paco Volume, « Manhattan Baby » (Discograph)
Sortie le 28 juin 2010

10.01.2009

Calvin Harris, Ready For The Weekend, usine à tubes

C’est en 2007 que l’écossais Calvin Harris a explosé avec son album « I Created Disco ». Après avoir travaillé pour Kylie Minogue et Dizzee Rascal, le producteur-musicien revient avec un album aux couleurs des années 90 : « Ready For The Weekend ». Explications.

Comment s'est déroulée la tournée qui a suivi la sortie de "I Created Disco" ? Comment les fans ont-ils réagi à ton live ?
Calvin Harris : En fait, nous n'avons fait que quelques dates en Europe et j'ai joué en tant que DJ dans certains clubs, comme à New York ou Los Angeles. En tout, avec les trois autres musiciens qui m'accompagnaient, nous avons joué sur scène sur une période de deux ans. Au départ, les gens ne savaient pas à quoi s’attendre mais, dans l’ensemble, ils ont plutôt bien réagi à la façon dont nous avons présenté les morceaux en live. C’était plus intéressant que de me voir seul face à mes machines.

A quel moment as-tu commencé à travailler sur ton nouvel album ?
J'ai mis un an à concevoir ce disque dans mon home studio de Glasgow. En gros, une personne « normale » aurait pris 2 ans pour réaliser un tel album. En ce qui me concerne, j'ai travaillé 24h sur 24 pour élaborer l'ensemble des titres. Je voulais tout faire par moi-même car je n'aime pas trop partager quand il s'agit de mes morceaux. D'ailleurs, la presque totalité des instruments ont été joués par moi. J'ai collaboré avec Izza Kizza qui est une chanteuse que je connais depuis longtemps. Sur "Ready For The Weeek End", je voulais une voix de diva comme celle que l'on pouvait entendre sur les morceaux dance des années 90, c’est pour ça que j’ai choisi Mary Pearce pour chanter sur ce titre. Lorsque j'ai travaillé avec Kylie Minogue sur les titres «In My Arms» et « Heart Beat Rock », par exemple, je n'ai pas trop aimé la façon dont la production a été réalisée. Je ne m'y retrouvais pas. Si j'en avais eu la possibilité, j'aurais fait les choses différemment. C'est une des raisons pour lesquels j'aime maîtriser tout le processus d’un album de A à Z.

Ce disque fait la part belle à certaines sonorités dance des années 90. Pourquoi ce choix ?
Je voulais réaliser un album qui puisse être joué dans les stades. C'est vrai qu'il faut avoir une certaine imagination pour concevoir un disque de ce type dans un tout petit home studio (rires). L’idée m’est venue en regardant un match de base-ball à la télé. Je m'imaginais la musique qui pourrait accompagner un home run totalement incroyable. Je voyais le stade devenir dingue et je visualisais en même temps la musique qui pourrait accompagner ce moment exceptionnel. Avec « Ready For The Weekend », j’aimerai au moins arriver au niveau de notoriété de David Guetta, ça serait déjà pas mal (rires).

Quels sont les producteurs qui tu aimé dans les années 90 ? Est-ce que tu suivais la scène house de Glasgow avec les labels Soma ou Glasgow Underground ?
En fait, je ne m’intéressais pas vraiment à la scène dance locale même si j'allais régulièrement dans certains clubs réputés de la ville, comme le Sub Club ou The Arches. Sinon, côté producteur, j'aimais beaucoup ce que faisait quelqu'un comme Armand Van Helden.

Peux-tu nous en dire plus sur l’écriture de tes morceaux ?
Mes paroles peuvent s'inspirer d’histoires vraies qui me sont arrivées mais il ne faut pas les prendre trop au sérieux. Pour moi, les paroles sont comme des outils qui viennent en support sur la musique. Il ne faut pas chercher de message particulier. En fait, j'ai juste besoin de trouver des titres pour mes chansons (rires).

Quel est ton morceau favori sur cet album ?
J’adore un titre comme « Ready For The Weekend » car j’ai passé beaucoup de temps à le mettre en place et je suis très satisfait du résultat final. J’aime aussi beaucoup « I’m Not Alone » parce que c’est le plus gros tube de l’album et qu’il a formé le noyau à partir duquel tout le reste de l’album a été conçu.

Quelle est ta méthode de travail, de composition en studio ?
En fait, je n'utilise pas de plug ins, j'aime bien faire les choses par moi-même, jouer les parties instrumentales en direct pour ensuite les retravailler, si besoin, dans Logic Audio. Vocalement parlant, suite à la tournée de "I Created Disco", je me suis considérablement amélioré. J'ai pris de l'assurance à ce niveau-là.

Quelle va être la prochaine étape ?
Ma copine n’aime pas Londres. Je pense donc quitter la capitale pour retourner vivre chez mes parents à Dumfries en Ecosse (rires).

Propos recueillis par Marcus S
Photo : DR

Calvin Harris, Ready For The Weekend (Cinq7-Wagram)
Sortie le  08 octobre 2009