1.27.2003

Tiga, Dj Kicks in your ears

Que ce soit à travers ses albums mixés ("Tiga's Mixed Emotions", "American Gigolo") ou en compagnie de son acolyte Jori Hulkkonen (cf. La reprise tubesque du "Sunglasses At Night" de Corey Hart), le DJ-producteur canadien Tiga est l'une des figures emblématiques du clubbing nord-américain. Aujourd'hui, le patron du label Turbo vient de réaliser la vingtième édition des fameuses compilations DJ Kicks.

Peux-tu nous parler de tes débuts en tant que DJ ?
Tiga : J'ai commencé très tôt à classer mes disques, à jouer pour des amis. Mais, ce n'est que vers 17 ans que j'ai vraiment voulu apprendre la technique et les ficelles du métier de DJ. Mes premiers mixes, je les réaliser à l'aide d'une platine et d'un Discman, c'était assez rudimentaire. Les premières cassettes que j'ai enregistrées de mes mixes étaient horribles (rires). Quand j'ai été payé 40 dollars pour jouer en club, j'avais 18 ans, c'était une étape décisive. J'ai eu la chance de passer professionnel très vite car j'avais beaucoup d'amis qui organisaient des soirées à Montréal. C'est arrivé à un moment où les jeunes de la ville commençaient à se lasser du son disco-house qui n'évoluait pas. Ils voulaient entendre des choses nouvelles, de la musique plus dure, plus intense. Je suis donc, en quelque sorte, devenu l'un des représentants de ce renouveau de la scène club locale. Puis, je me suis occupé d'un magasin de disques, DNA Records, un night-club, Sauna, et j'ai créé mon label Turbo Recordings. Je ne faisais pas ça pour l'argent mais parce que j'avais un peu peur de me lancer en tant qu'artiste. En fait, c'était une manière d'apprendre le métier et, aujourd'hui, cela me permet de profiter de cette expérience acquise.

Dans quelles conditions as-tu réalisé le mixe d'"American Gigolo" pour le compte du label de DJ Hell ?
J'étais avec lui à Munich et c'est moi qui aie eu l'idée de concevoir cette sélection. En fait, c'est un best of des productions d'International Deejay Gigolo car personne sur le continent américain ne connaissait Gigolo à cette période, en 2001, juste avant l'explosion de la hype autour de la maison de disques. C'était un peu opportuniste de ma part (rires), mais assez drôle à réaliser car j'aimais beaucoup les productions du label.

Aujourd'hui, avec le vingtième volume de la série DJ Kicks, tu es passé à la "concurrence", sur un autre label allemand…
Je n'ai pas d'appartenance à un label en particulier, je travaille naturellement avec différentes personnes. J'avais rencontré les gens de studio K7 à Miami, lors de la Winter Conference. Je leur ai dit que cela serait bien pour l'image de leur label que je fasse la prochaine compilation DJ Kicks. Je devais être complètement saoul (rires). Trois mois plus tard, ils m'ont contacté et j'étais très content car j'ai toujours été un grand fan du label. Avec Turbo, j'ai sans cesse essayé de m'inspirer de ce que faisait Studio K7. Je pense que c'est l'un des meilleurs labels indépendants dans le domaine de l'electro. Ils sont très professionnels dans ce qu'ils font.

Comment as-tu réalisé techniquement cette sélection ?
Ce mixe Dj Kicks a été conçu à partir de 3 platines, à moitié en live, à moitié en studio, car il y a toujours des choses ratées qu'il faut corriger. Mais, je suis assez conservateur en ce qui concerne la réalisation d'un CD mixé car je trouve qu'il doit toujours y avoir la patte "humaine", quelques imperfections… Côté sélection, je voulais quelque chose de dancefloor, avec pas trop de paroles, et des morceaux qui aient du caractère. Ça commence avec de la house, un peu d'electro, mais lente, du funk, du disco puis de l'acid minimal… Par la suite, la sélection devient plus deep et old school pour se terminer avec ma version de "Madame Hollywood" de Felix Da Housecat. C'est une version assez décalée, par rapport à l'original, pour montrer que je ne me prends pas au sérieux, que je peux me moquer de mon image.


Propos recueillis par Laurent Gilot
Photo DR


Tiga Dj Kicks (Dj Kicks/Pias)
Sortie le 27 janvier 2003

www.tiga.ca