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10.22.2003

The Chemical Brothers, The Singles 93-03, rétrospective


En dix ans d'activité, Ed Simons de Tom Rowland se sont imposés avec un mélange unique (autrefois appelé big beat) qui allie la puissance rythmique du hip hop, de la techno avec les sons synthétiques de l'electro et le psychédélisme de la pop. Une formule qui a fait ses preuves à travers 4 albums studio dont sont aujourd'hui extrait les singles marquants du duo. Rétrospective.

Avec les rumeurs d'attentat à l'arme chimique qui circulent à Londres, est-ce que vous pensez que vous allez changer de nom ?
T.R. : Le week-end dernier, nous avons mixé de minuit à six heures du matin dans un club. À la sortie, c'était bizarre de voir tous ces gens en combinaisons radioactives qui s'entraînaient dans l'hypothèse d'une attaque chimique. En ce moment, on pense raccourcir notre nom comme Massive Attack qui avait été obligé de s'appeler Massive au moment de la première guerre du Golfe. Mais, les Brothers, ça ne fonctionnerait pas vraiment (rires).

Où vous situez-vous aujourd'hui dans votre carrière après 10 ans d'activité ?
Tom Rowland : Le seul moment où tu sais vraiment où tu en es c'est au début, lorsque tu fais tes premiers pas dans le milieu. Il y a 10 ans, nous ne pensions pas arriver à enregistrer autant d'albums, mais nous l'avons fait… Et nous sommes satisfaits de ce constat.
Ed Simons : C'est vrai que tout est allé très vite pour nous… Beaucoup de choses se sont passées mais ces évènements sont liés les uns aux autres, chacun d'entre eux s'imbriquent pour construire ce que représente aujourd'hui le duo.

Parlez-nous de cette première compilation de singles : "The Singles 93-03" ?
E.S. : C'est la première et la dernière, probablement… Cette compilation résume nos 10 dernières années et c'est une manière de débuter cette seconde décade.
T. R. : En quelque sorte une façon de dire que nous sommes toujours vivants et que nous pouvons encore écrire quelques morceaux comme les deux inédits, "Get Yourself High" et "The Golden Path", que l'on retrouve sur le disque.

Pouvez-vous nous parler de chacun des singles qui se trouvent réunis sur la compilation "The Singles 93-03" et de la façon dont vous les avez conçus ?
Song To The Siren
E.S. : Du bon boulot (rires). Ce morceau a été élaboré un peu à contre-courant de ce qui pouvait se faire à l'époque dans les clubs car il était assez lent. Mais, son impact a été important. Nous le jouions souvent en tant que DJ et l'on a pu se rendre compte des réactions que provoquait ce disque. Il y avait pas mal d'éléments comme des breakbeats, des sirènes, des effets sonores divers…
T.R. : On aimait beaucoup la techno et l'on voulait retrouver la puissance de cette musique. Mais, comme nous aimions aussi le hip hop, nous avons essayé de mélanger les deux styles. On voulait démontrer que l'on pouvait faire quelque chose de puissant tout en restant sur un rythme dansant et pas trop rapide. C'est probablement la lenteur du titre qui le rend vraiment intéressant. Dès le départ, nous avions envie de mélanger tous les genres que l'on aimait comme le hip hop, la techno, les sons étranges de la pop et les basses dubby.

Leave Home
E.S. : Nous avons enregistré ce disque au moment où nous étions résidents au club Heavenly Social. À l'époque, ce style de musique n'existait pas vraiment en Angleterre, cette combinaison de sons un peu durs mélangés à des rythmiques funky, ce n'était pas très répandu… Mais, quand les gens ont entendu ce genre de morceau pour la première fois, cela avait un sens pour eux, ça tombait au bon moment car le public était près à entendre cette musique.
T.R. : "Leave Home" donne l'impression d'avoir été enregistré par un groupe live alors que nous avons utilisé nos machines pour le concevoir. Il est assez sauvage… C'est le genre de disque qui marque les gens qui viennent du rock. Pour ceux qui aiment la dance music, c'est toujours assez négatif alors que, pour nous, ça nous excite d'entendre ce genre de chose.

Setting Sun
T.R. : Ce n'est pas un hommage proprement dit aux Beatles et à "Tomorrow Never Knows". En fait, nous avons commencé par jouer le morceau des Beatles en club pour voir comment les gens allaient réagir. Juste avant nous passions un disque d'Emmanuel Top, "Lobotomy" et l'on s'est rendu compte à quel point les deux morceaux pouvaient se rejoindre. C'est de là qu'est née l'idée de composer "Setting Sun", un titre qui combine la folie de "Tomorrow Never Knows" et de "Lobotomy".
E.S. : A cette occasion, la collaboration avec Noël Gallagher a été la chose la plus facile à faire sur ce titre. Nous lui avons envoyé une cassette et trois jours après il avait enregistré les parties vocales. Ces dernières allaient à la perfection avec le morceau. Quand on l'écoute aujourd'hui, on se demande comment ce disque fou et noisy a pu être numéro 1 dans les charts anglais (rires).

Block Rockin' Beats
E.S. : Encore un numéro un ! (rires).
T.R. : A la base, c'était juste une envie de s'éclater avec des programmations de batterie. Ce n'est qu'une fois le morceau fini que nous avons trouvé le sample de Schoolly D qui colle parfaitement.
E.S. : On a gagné un Grammy Awards avec ce morceau qui a été élu "Meilleur titre rock instrumental de l'année". Ça fait toujours plaisir de voir que des gens, qui ne viennent pas du même milieu que nous, apprécient notre travail.

The Private Psychedelic Reel
E.S. : Pour l'enregistrement de "Dig Your Own Hole", nous avons beaucoup écouté de rock psychédélique et c'est ce qui a influencé la conception de ce morceau. C'est une sorte de quête sonore qui passe par plusieurs phases. Ce disque épique était très ambitieux à réaliser car tu peux passer complètement à côté de ton sujet. Finalement, le résultat est plutôt bon et c'est un de mes albums préférés. Nous finissons toujours nos lives avec ce titre.

Hey Boy, Hey Girl
E.S. : C'est un morceau pour le dancelfoor qui a un côté cartoon que les kids aiment bien. Ce disque peut passer à 5 heures du matin en club, pour que le public devienne fou, ou à la radio, au moment du petit-déjeuner. C'est une bonne combinaison entre la pop et l'acid-techno.

Let Forever Be
T.R. : C'est vrai qu'il y a beaucoup de morceaux extraits de "Surrender" sur cette compilation. On aime bien écouter les meilleurs titres de ce disque (rires).
E.S. : Même si certaines personnes trouvent que ce morceau se rapproche de "Setting Sun", en ce qui nous concerne, il est à des années lumières. Il est plus doux à l'écoute, il contient plus de mélodies et il est, en même temps, très psychédélique, un peu comme ces vieux disques des années 70. De plus, Noël voulait faire quelque chose de différent cette fois-ci.

Out Of Control
E.S. : Travailler avec Bernard Sumner (chanteur de New Order) a été une expérience très gratifiante. Ce type a vraiment de bonnes paroles et l'on s'est bien amusé lors de l'enregistrement. C'était un vrai plaisir car nous sommes vraiment fans de New Order et le résultat est très intéressant car il ne ressemble à rien de ce que nous avons pu faire auparavant.

Asleep From Day
T.R. : Quand nous avons vu le clip que Michel Gondry a fait pour la publicité d'Air France, nous avons trouvé que cela fonctionnait vraiment bien. On adore cette chanson car la voix d'Hope Sandoval est extraordinaire, très belle…
E.S. : Les paroles qu'elle a écrites pour ce titre sont probablement les meilleures que nous ayons jamais eues dans nos chansons.

Star Guitar
T.R. : Pour nous, cela paraît facile de faire des disques dance barrés mais c'est dur de concevoir un titre mélodique qui fonctionne sur la longueur, sans que cela ne devienne trop commercial. On aime bien composer des trucs avec plein de distorsions, de breaks déjantés et des choses à l'opposée, plus fluides, presque euphoriques.

The Test
T.R. : La voix de Richard Ashcroft (ex-The Verve) est très puissante, chargée d'émotions et c'est elle qui porte ce morceau.

Get Yourself High / The Golden Path
T.R. : On aime beaucoup ces nouveaux morceaux. Plus tu fais de la musique, plus tu dois faire attention à garder une certaine fraîcheur. C'est vrai qu'à notre niveau, cela devient plus difficile mais, ces deux titres me font ressentir cette excitation si particulière que j'éprouve pour la musique. On écoutait ces morceaux en conduisant l'autre jour et ils sont vraiment frais, ils passent bien au sein d'une sélection pop. Nous les avons également joués en club et ils fonctionnent parfaitement. Après 10 ans, c'est toujours bien d'essayer de garder cette excitation intacte.

Propos recueillis à Londres par Laurent Gilot
Photo DR

The Chemical Brothers "The Singles 93-03" (Labels)
Sortie octobre 2003www.thechemicalbrothers.com

1.28.2002

The Chemical Brothers, Come With Us, back to the dancefloor

Ed Simons et Tom Rowlands sont devenus en quelques années les champions toutes catégories de la fusion entre techno et pop-rock. Présents depuis 93 sur la scène internationale, ils sortent aujourd'hui leur quatrième opus, "Come With Us", odyssée sonique et psychédélique destinée aux dancefloors. Même si l'on peut déplorer une baisse de régime au niveau de l'inspiration (et non des BPM), "Come With Us" contient néanmoins quelques plages qui valent le détour ("Galaxy Bounce", "Star Guitar", "The State We're In" avec Beth Orton et "Pioneer Skies"). En revanche, on laissera volontiers aux pistes de danse anglaises l'outrancier "It Began In Afrika", l'incongrue "Hoops" ou l'anecdotique "The Test" avec Richard Ashcroft. Non pas que ces titres soient profondément mauvais mais on dirait que le groupe a essayé de dissimuler ses pannes d'inspirations derrière une tonne de sons et d'effets usés jusqu'à la corde. Quoi qu'il en soit, les deux faux-frères chimistes s'expliquent ici sur la conception de ce nouvel album.

Le magazine anglais Mixmag a récemment décrit votre nouvel album comme un retour au dancefloor ? Aviez-vous une idée claire de ce que vous vouliez faire dès le départ ?
Ed Simons : Non, pas vraiment… Au début, nous voulions faire un nouveau disque qui essaye d'aller un peu plus loin que les précédents et qui soit le reflet de notre enthousiasme du moment. Cela faisait longtemps que l'on ne s'était pas remis à composer et l'on avait envie de faire des choses assez spontanées. En fait, ce disque est plus dancefloor que "Surrender"… Mais, il y a toujours eu des titres destinés aux pistes de danse sur nos albums précédents. Ça nous excite d'avoir des disques que l'on peut jouer lors de nos sets de DJ.

Avez-vous vraiment commencé à travailler à partir d'une feuille blanche ?
Tom Rowlands : Nous n'avons pas envie de changer notre façon de procéder. Depuis le début, nous travaillons un peu avec le même équipement, nos vieux synthés et samplers. Quand nous sommes en tournée, nous nous concentrons sur ce que nous avons à faire en live, sur la musique que nous jouons chaque soir. Mais, lorsqu'on revient d'une tournée, cela nous inspire car on a vu les gens réagir sur notre musique et ça nous motive pour créer de nouveaux morceaux.

Avec l'expérience, est-ce que le processus de création devient plus facile, plus simple ?
T. R. : Personnellement, je trouve que ça devient de plus en plus difficile. La musique que l'on fait à besoin que l'on trouve en permanence de nouvelles pistes, de nouvelles voies à explorer. Nous n'utilisons pas les mêmes méthodes que pour le "songwriting" traditionnel. Dans nos chansons, nous ne parlons pas vraiment d'expériences personnelles ou autres… On ne fonctionne pas comme ça. Pour nous, composer des morceaux, produire des disques est basé sur le fait de créer des sons qui vont transmettre des émotions. Il est donc toujours difficile de trouver de nouvelles directions, des idées que nous n'avons pas encore exploitées.

Quelle est votre méthode de composition ? Comment procédez-vous à deux ? Avez-vous parfois des désaccords profonds sur certaines idées ?
E. S. : Nous pouvons être assez complémentaires l'un et l'autre. Nous avons les mêmes idées sur ce qui nous excite en matière de musique. Si cela sonne vraiment bien en studio, on exploite tous les deux l'idée pour bâtir un morceau autour. Le but pour nous est de toujours garder une certaine forme d'excitation au moment où l'on fait les choses. Au sujet de la difficulté à concevoir cet album, cela fait près de 10, 11 ans que l'on joue en tant que DJ ensemble. Avec la quantité de titres excitants que l'on a accumulés, il est difficile d'essayer de conserver la fraîcheur des débuts. Cela ne nous mine pas plus que ça mais c'est assez frustrant car, parfois, certains aspects de l'enregistrement de ce disque n'ont pas été plaisants.

Le titre de ce disque, "Come With Us", est comme une invitation à vous suivre. Comment l'avez-vous choisi ?
E. S. : Ce titre vient du sample de voix que l'on a utilisé sur le morceau. Il n'y a pas d'idée particulière derrière le choix de "Come With Us". Mais, c'est vrai que sur la longueur de l'album, il y a une volonté d'emmener l'auditeur à travers un voyage sonique qui l'absorbe, l'entraîne dans des directions surprenantes. Si tu écoute attentivement ce disque, tu peux comprendre la direction dans laquelle on veut t'emmener. Il y a une sorte de dynamique, de volonté d'évoquer un mouvement.
T. R. : C'est vrai que l'on évolue dans le domaine de la dance music mais on a envie d'entraîner l'auditeur vers d'autres horizons, de proposer une sorte d'échappatoire. C'est l'idée que l'on essaye de transmettre à travers notre son.

Sur ce nouvel album, on retrouve le single "It Began In Afrika". Est-ce que vous abordez chaque titre comme des morceaux destinés à un album ou comme des singles potentiels ?
T. R. : En fait, nous ne pensons pas vraiment à ce genre de choses, les morceaux ne sont pas conçus de cette manière. À propos de "It Began In Africa", quand on a commencé à travailler sur ce titre, le résultat est sorti tel quel. Il a été conçu à une époque où l'on cherchait des directions dans lesquelles aller. Nous avons eu envie de le sortir pour voir comment les gens réagiraient en entendant le morceau en club. À la base, nous avons envie de faire de la musique pour les gens et voir la façon dont ils réagissent. Lorsque tu es en studio et que tu conçois un album, tu as tendance à t'enfermer dans ta propre planète alors que nous, nous voulons continuer à faire des choses qui aient un sens pour les gens, une vie en dehors de cet endroit confiné qu'est un studio.

Quelle est l'importance des samples dans votre travail ?
E. S. : Les choses ont beaucoup évolué en matière de sampling, depuis l'époque où je me suis acheté mon premier échantillonneur, à l'âge de 16 ans. L'idée de prendre des éléments de deux disques différents pour élaborer un nouveau morceau était quelque chose de très excitant à l'époque, une idée complètement nouvelle. Les gens n'y avaient pas vraiment pensé auparavant. Mais aujourd'hui, le fait de sampler des beats provenant d'un autre disque ne m'excite plus vraiment, plus autant qu'au début. Pour nous, le sampling ne constitue pas l'ossature principale de nos morceaux. Mais, nous aimons le procédé, nous avons grandi avec toute cette culture hip hop qui est rattachée à l'art du sampling. Nous aimons quand des choses d'univers sonores différents se télescopent. Le sampler est un instrument incroyable avec lequel on peut faire tellement de choses que ça nous excite toujours de l'utiliser. Avec celui-ci, il n'y a pas de limite à la création, les possibilités sont infinies.

Pourquoi avez-vous choisi "Star Guitar" comme le second single extrait de l'album ?
E. S. : Parce qu'on adore ce titre. Je trouve que c'est un morceau incroyable, c'est pour cela qu'on l'a choisi. D'un autre côté, il est assez unique dans son genre, très house avec une certaine tendance à l'euphorie. En lui-même, "Star Guitar" synthétise assez bien l'esprit de cet album. C'est une belle pièce musicale qui te transporte tout en étant puissante, dure, avec des rythmes qui te collent au plafond. "Star Guitar" est, en quelque sorte, un moment sublime qui t'entraîne, t'invite à te perdre. Je trouve que beaucoup de titres sur ce disque sont dans le même esprit. C'est pour toutes ces raisons que l'on a choisi "Star Guitar" comme nouveau single.

Quelle est l'importance du live comparé à votre travail de DJ ?
T. R. : Nous adorons jouer sur scène. Généralement, nous nous attelons toujours à préparer nos concerts une fois l'album terminé. Mais, il est toujours très difficile de récréer sur scène le son que l'on a en studio. Nous sommes très dépendants des endroits dans lesquels nous jouons donc on dépense tout l'argent que l'on a pour avoir un sound-system convenable. En studio, nous avons des amplis qui ont un son incroyable donc on a toujours envie de restituer, le plus fidèlement possible, ce son en live.

Peut-on aujourd'hui dire que vous jouez sur le même terrain que Kylie Minogue ?
E. S. : Non pas vraiment. Enfin, il faut prendre conscience du fait que l'on a produit des albums qui sont devenus en quelque sorte des disques pop. Mais, nous considérons que nous faisons de la dance music destinée aux clubs, c'est plus facile que de considérer que l'on fait de vrais disques pop. "It Began In Africa" est vraiment devenu un titre énorme, probablement le plus gros que l'on ait eu en club. Après tout, c'est l'endroit idéal pour écouter de la musique, non ? Beaucoup de gens n'en écoutent que lorsqu'ils sont en club…

Sur ce disque, il y a plusieurs morceaux destinés aux dancefloors mais, souvent, accompagnés d'une petite touche de mélancolie, comme sur "Pioneer Skies". Est-ce qu'avec l'âge, vous pensez que votre musique va devenir de plus en plus mélancolique ?
E. S. : C'est intéressant comme idée. Sur le premier album, il y avait "One Too Many Mornings" qui était assez mélancolique et tranquille. Sur ce nouveau disque, chaque titre possède une petite touche de mélancolie. Quand on a réalisé notre premier album, nous avions 23 ans et, 7 ans plus tard, on continue à composer des titres où une pointe de mélancolie se mélange à des sons plus durs. On l'a toujours fait. Mais, il faut reconnaître qu'il y a aussi une certaine forme de mélancolie à être dans un club. Parfois, les gens qui dansent peuvent avoir l'air triste…
T. R. : Les clubs reflètent la futilité de l'existence (rires).
E. S. : C'est vrai qu'il y a quelque chose d'assez tordue dans le fait de se trouver sur un dancefloor, de se perdre dans la musique…
T.R. (imitant les interrogations existentielles d'un clubber) : Qu'est que je fais ici, ah ! ah ! ah! Je suis si seul ! (rires). 


Texte : Laurent Gilot
Photo : DR


The Chemical Brothers "Come With Us" (Freestyle Dust/Labels/Virgin)
Sortie le 28 janvier 2002

www.thechemicalbrothers.com